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Mes outils de travail 2 – Les sites plus spécialisés
Deuxième partie de la série d’articles consacrés aux sites que j’utilise en généalogie pour m’assister dans la rédaction du livre. On parle aujourd’hui de sites encore plus spécialisés. Des sites à niche.
De façon générale, ces sites ne vous aident pas à développer un arbre généalogique mais davantage à construire l’histoire de votre famille – la trame narrative comme on dit – ou encore mettre de la viande autour de l’os. Sinon, ce que vous avez à date consiste essentiellement en noms (qui se ressemblent parfois) – ainsi que des dates de naissance et des dates de décès, ou encore des dates de mariage.
Les Sociétés de généalogie et les Sociétés d’histoire
Avant de parler de sites en particulier, une source importante d’informations pour raconter l’histoire de nos familles est encore disponible dans les livres, dont certains peuvent avoir été numérisés et qui sont disponibles sur internet. Il existe au Québec, un réseau important de Sociétés de généalogie ou de Sociétés d’histoire ou Sociétés historiques qui possèdent généralement un centre de documentation. Une bibliothèque en somme, spécialisée dans les thèmes de généalogie et d’histoire. La très grande majorité de ces sociétés ont une vocation locale ou régionale. Dans mon cas, je suis le parcours de nos ancêtres en me reliant progressivement à ces réseaux afin de bénéficier de leurs ressources au besoin. C’est pourquoi je suis devenu membre de plusieurs d’entre elles au cours des deux dernières années, de la Société d’histoire de Neuville à celle de Pierre-de-Saurel à Sorel en passant par celle de Sainte-Anne-de-la-Pérade, ainsi que de la Société de généalogie de Québec, celle de l’Outaouais, celle de Drummondville ainsi que celle des Cantons de l’Est.
Beaucoup de personnes ont déjà publié des livres sur l’histoire de leur(s) famille(s) à travers les décennies. Certains angles peuvent s’avérer utiles à l’histoire de nos familles immédiates. Vous avez beaucoup plus de chances de retrouver ces documents dans une Société d’histoire ou de généalogie qu’à votre bibliothèque locale puisque la distribution de ces livres est généralement limitée à la famille immédiate et ces Sociétés réussissent souvent à en obtenir une copie.
Ces Sociétés représentent un vaste sujet. Je reviendrai donc prochainement sur cet aspect précis au cours d’un troisième article dans cette série sur mes outils de travail.
Les sites plus spécialisés
Revenons donc aux sites plus spécialisés. Ce qui suit n’est qu’une série de sites en vrac qui me sont utiles. Ce ne sont pas les seuls. J’ai appris après deux ans de recherches que presque tout se retrouve aujourd’hui sur internet. Il suffit de chercher avec les bons mots-clés. On les découvre généralement un peu par hasard à moins d’être guidé par des formations de base dans une Société de généalogie qui sont déjà au courant des sites qui peuvent être utiles.
Commençons par un site qui est dédié à perpétuer notre mémoire collective québécoise: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, communément appelé maintenant BAnQ. C’est peu connu mais il existe un réseau de bibliothèques à travers le Québec, dont la plus connue est La Grande Bibliothèque, située à Montréal. D’autres succursales régionales existent, dont celle de Sherbrooke, située sur la rue Frontenac, dans l’édifice du Musée des Sciences. La BAnQ a donc un réseau physique et elle numérise de plus en plus une portion de ses trésors dans un portail que l’on appelle BAnQ Numérique, accessible sur son site web principal, et plus particulièrement dans la section Patrimoine québécois. Ce site est si riche qu’il faut vraiment naviguer au hasard pour mieux comprendre tout ce qu’il contient. Pour nos fins précises en généalogie, mentionnons seulement que les registres de l’état civil s’y retrouvent, de même que les actes notariés depuis les débuts de la Nouvelle-France. Vous y trouverez également toute une liste de ressources disponibles pour ceux qui font de la généalogie familiale. Un bon point de départ pour aller au-delà de votre arbre généalogique.

Sans aller davantage dans les détails, il vous dirigera également vers des sites spécialisés comme le Registre foncier, qui contient les transactions de terrains et d’immeubles, AdVitam pour un Québec en histoire et en images, Le Parchemin pour les actes notariés, ainsi que d’autres sites qui répertorient entre autres les revues et journaux. Par exemple, vous recherchez un avis de décès d’un oncle décédé à Sherbrooke dans les années 1940, vous pouvez aisément le retracer dans les archives du quotidien La Tribune qui s’y trouvent depuis sa fondation en 1910. Le mois dernier, mes recherches m’ont amené à m’intéresser à une cousine de ma mère qui est morte avec son époux dans un atroce accident d’automobile. J’ai pu retracer les détails dans un article de La Tribune qui avait relaté les faits dans sa première page d’un jour de mai 1983. Pour le livre, l’image de cette Une rendra compte de l’importance de cet événement dans la région des Cantons de l’Est pour cette journée. Je l’ai retracé en deux minutes en utilisant cet outil.
D’autres sites sont encore davantage spécialisés puisqu’ils ne s’intéressent qu’à une seule chose. Ce sont généralement des sites développés par des personnes qui se passionnent pour un sujet, et souvent au cours de plusieurs décennies. Avec le temps et même rapidement, ils deviennent des encyclopédies ou des sources de référence reconnues pour leur sujet. Mentionnons par exemple Navires Nouvelle-France, qui est un site français qui répertorie tous les navires ayant traversé l’Atlantique de France vers la Nouvelle-France de 1497 à la Conquête britannique de 1763. Vous y trouvez tout ce qu’on a pu retracer sur chaque traversée, y compris la liste des passagers. Je m’y réfère régulièrement lorsque je recherche les premières générations, celles qui sont parties de France. C’est ainsi que j’ai pu retracer le périple de nos 3 Filles du Roy, arrivées en Nouvelle-France entre 1668 et 1671.
Un autre site de niche est celui sur les Filles du Roy. Ce site est maintenu par une société d’histoire québécoise consacrée uniquement à ce sujet – la Société d’histoire des Filles du Roy.
Dans un autre ordre d’idées, Bibliothèque et Archives Canada met à la disposition de la population les données de nos recensements nationaux. Elles s’avèrent souvent utiles même si leur publication respecte encore cette barrière d’une centaine d’années avant de les rendre disponibles. C’est ainsi que l’on a récemment annoncé que les données du recensement de 1931 allaient être mises en ligne le 2 juin prochain. Pourquoi utiliser des données liées à un recensement ? Pour ma part, je m’y suis référé à quelques reprises pour valider les membres d’une famille à un moment précis, plus précisément pour vérifier si mes recherches pouvaient avoir manqué certains enfants d’une famille, morts en bas âge par exemple, et dont on a oublié l’existence avec le temps. On peut aussi y retrouver l’occupation des parents, sans compter le nombre de pièces dans la maison familiale. Au début de la colonie, on recensait également les animaux sur une ferme, comme on le faisait pour les humains.
Un autre site, plus récent, que j’ai découvert récemment est Clergénéalogie. Ces oubliés de la généalogie comme sa page d’accueil mentionne. Rechercher des religieux dans les bases de données est souvent frustrant. Puisqu’ils ne se sont jamais mariés et qu’ils n’ont pas engendré de descendance, on les catégorise souvent parmi les enfants célibataires, morts jeunes ou religieux, sans vraiment savoir qui se retrouve dans quelle catégorie. Puisqu’ils n’ont pas engendré de descendance, ces personnes ne sont pas aussi importantes d’un point de vue strictement généalogique. Puisque nous avons eu plusieurs religieux dans la famille, ce site est utile pour valider des informations non disponibles ailleurs, ou encore préservées uniquement à l’intérieur des communautés religieuses. Le développement de cette niche généalogique est le résultat d’une initiative de la Société de Généalogie de Saint-Hubert. Cette initiative a déjà permis de colliger plus de 65,000 religieux québécois avec leur généalogie.
Concluons avec un site comme Find A Grave qui répertorie des millions de photos de pierres tombales dans les cimetières du Québec, du reste du Canada et des États-Unis. Je viens d’y trouver la pierre tombale que je cherche depuis quelque temps, celle de la tante de ma mère – Imelda Paul – et de son mari Albert René, enterrés à Biddeford, Maine. Imelda est morte centenaire en 2010, à l’âge de 101 ans. Un site semblable existe aussi dans Généalogie Québec dans sa section Le Nécréologue, qui se spécialise surtout dans les cimetières québécois.

Je m’arrête ici. Non pas que j’ai épuisé ma liste puisqu’elle pourrait être encore beaucoup plus longue. Chaque site remplit un besoin, si petit soit-il. Il s’agit de les trouver. Avant de vous lancer dans de grandes recherches, dites-vous que quelqu’un d’autre a peut-être rencontré la même situation un jour et qu’il a peut-être déjà fait un travail de recherche pour vous. L’Internet est certainement le meilleur ami du généalogiste.
On aurait également pu parler des sites français de généalogie qui pourraient vous permettre de remonter plus loin que la Nouvelle-France en enquêtant sur la famille de nos ancêtres qui sont partis de France. Dans cette niche, on peut mentionner France Archives, pour partir à la découverte de 15 siècles d’archives comme sa page d’accueil indique. Ou encore les sites comme Francogène ou Geneanet. En remontant le temps, notre généalogie québécoise s’arrête généralement à l’arrivée en Nouvelle-France mais ces gens qui sont venus ici avaient une famille qui elle, avait des racines qui remontent à plusieurs siècles avant cette traversée de l’Atlantique.
Je concluerai donc prochainement cette série d’articles consacrés à mes outils de travail avec un article portant sur nos Sociétés de généalogie et nos Sociétés d’histoire.
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Fille du Roy ou Fille à Marier
Troisième article dans la Série – Filles du Roy. Extraits adaptés du chapitre 8 du livre.
Note: Cet article est le troisième d’une série de quatre articles consacrés aux Filles du Roy en général, et aux trois Filles du Roy de nos familles, à savoir celle chez les Boulanger, celle chez les Langlois et celle chez les Blais. Une lecture préalable des deux premiers articles est recommandée pour mieux comprendre ce troisième. Ces deux récents articles sont intitulés: Les Filles du Roy, c’est quoi? et Nos trois Filles du Roy.
Dans un récent article sur ce site, j’ai introduit les trois Filles du Roy qui sont à l’origine de trois de nos familles. Il nous reste donc à statuer sur notre quatrième ‘’mère’’, celle de la famille Paul – le nom de fille de ma grand-mère maternelle chez les Langlois étant Gertrude Paul. Chez les Paul, ce sera aussi tout un défi de se promener dans les tentacules généalogiques de cette famille. À commencer par une situation étrange à prime abord, soit l’absence de Fille du Roy dans la génération de notre premier ancêtre à traverser l’Atlantique, qui pourtant se passe durant les mêmes années que dans les trois autres familles, soit vers 1670. Non seulement il n’y a pas de Fille du Roy venant de France dans cette génération mais notre ancêtre Paul de la première génération venu en Nouvelle-France a épousé une femme… qui est de façon surprenante née en Nouvelle-France en 1654, une dizaine d’années avant même l’arrivée des premières Filles du Roy alors que bien peu de femmes durant ces années laissaient la France de leur plein gré. Une rareté à tout le moins qu’il me faudra expliquer.
Quand je me suis rendu compte de cette situation, j’ai laissé ce ‘’mystère’’ sur ma liste de nombreux sujets à approfondir en espérant trouver éventuellement une erreur dans mes analyses généalogiques ou encore une explication logique et plausible qui expliquerait cette situation. Plusieurs mois plus tard, j’ai finalement pris le temps de fouiller davantage le sujet lorsque j’ai commencé mes deux chapitres sur les Filles du Roy afin de confirmer toutes les Filles du Roy dans notre famille comme point de départ de mon analyse généalogique pour les fins du livre.
J’ai finalement trouvé la réponse. À la suite de la résolution de cette ‘’anomalie’’ – du moins en apparence – la famille Paul nous permet donc d’introduire la nuance entre Filles du Roy et Filles à Marier dans un contexte historique. Évidemment, une Fille du Roy était une fille à marier mais le ‘’terme’’ de Fille à Marier fait également partie de notre histoire. Pour résumer rapidement, disons que c’est à la suite de l’échec de l’époque des Filles à Marier que l’on a institué le programme des Filles du Roy. Le concept plutôt informel des Filles à Marier est donc antérieur aux Filles du Roy et on le situe entre 1634 et 1663. Au total, il existerait 262 Filles à Marier dans notre histoire collective qui ont immigré en Nouvelle-France pendant ces années. Il existe donc une liste de 262 Filles à Marier et une autre liste des 762 Filles du Roy. Ces Filles à Marier sont généralement venues d’elles-mêmes, seules ou en petits groupes. Elles n’étaient pas recrutées par le Roi et n’ont donc pas reçu de dot ou toute autre assistance pour leur transport ou leur établissement dans la colonie. Étant laissées à elles-mêmes, elles espéraient simplement trouver une vie meilleure en Amérique. Il fallait quand même avoir du courage – sinon être un peu inconsciente diront d’autres plus cyniques – pour faire un tel saut dans l’inconnu. Presque personne en France ne connaissait cette terre inconnue durant ces premières années de la colonisation de la Nouvelle-France. Probablement semblable comme situation aujourd’hui – en exagérant à peine – à quelqu’un qui déciderait d’aller vivre sur la lune ou encore sur une île déserte dans le Pacifique.
On en est venu à la conclusion que si on n’attaquait pas ce problème de peuplement de front, les femmes ne viendraient pas de leur plein gré.
Or, une analyse plus poussée de la généalogie de la famille Paul nous amène à conclure à la présence d’une Fille à Marier dans la génération précédente à celle de nos ancêtres d’origine chez les Paul, c’est-à-dire une génération avant celle des Filles du Roy. J’espère ne pas avoir déjà perdu trop de monde avec cette introduction. Si c’est votre cas, prière de relire plus lentement depuis le début puisque je doute que la suite soit plus simple.
De façon concrète, voici de quoi il s’agit. Notre premier ancêtre dans cette lignée familiale est Paul Hus, né en France le 16 février 1645. Il meurt le 20 mars 1734 à Sorel à l’âge impressionnant de 89 ans, ce qui était plutôt rare à cette époque, la médecine (ou l’absence de) ne favorisait personne qui voulait devenir centenaire. Ses parents étaient nés en France, ce qui en fait notre premier ancêtre de la première génération en Amérique. Jusque-là, rien de spécial. Il est au même niveau générationnel que nos trois autres familles. Il avait marié Jeanne Baillargeon le 16 juin 1669 – la même année que le mariage de notre Marie Arcular, Fille du Roy, qui avait épousé Claude Lefebvre Boulanger en octobre 1669. Mais Jeanne Baillargeon n’est pas Fille du Roy, elle est même née en Nouvelle-France le 5 novembre 1654 à Trois-Rivières, petit village de quelques dizaines de maisons à l’époque. Donc, une vraie canadienne de naissance. Une canadienne de souche ! Elle est morte le 19 août 1733 à l’âge respectable (elle aussi !) de 78 ans, aussi à Sorel.
Donc, étant née en Nouvelle-France, notre ancêtre Jeanne Baillargeon ne peut pas être Fille du Roy selon la définition établie. Elle n’est pas dans la liste de référence d’Yves Landry non plus après une vérification rapide de routine. Cependant, en remontant notre généalogie vers la génération précédente (là où généralement durant ces années on aboutit en France avec des parents qui n’ont jamais traversé l’Atlantique), ses parents étaient Mathurin Baillargeon (qui est en passant un des fondateurs du Cap-de-la-Madeleine) et… Marie Métayer (née en France en 1631) mais qui ont immigré en Nouvelle-France avant même leur mariage à Trois-Rivières en 1650, soit une quinzaine d’années avant le début de l’arrivée des premières Filles du Roy. Un examen de la liste des Filles à Marier établit rapidement que Marie Métayer était effectivement une des 262 Filles à Marier, une de ces courageuses femmes à avoir traversé l’Atlantique de leur plein gré et sans assistance au tout début de la colonie.
Le mystère est donc résolu. Cependant, puisque nous utilisons une généalogie paternelle où ‘’le père du père’’ est toujours utilisé pour remonter la lignée d’une famille d’une génération à l’autre, notre première ancêtre est bien Jeanne Baillargeon. Elle est donc notre plus vieille ancêtre dans nos 4 lignées familiales à être née en Nouvelle-France, soit le 5 novembre 1654.
Notre Fille à Marier, Marie Métayer, est sa mère et conséquemment ne fait pas partie de ‘’notre famille’’ à proprement dit. Pour ceux qui en auront besoin pour visualiser le tout, voici un tableau pour illustrer les débuts généalogiques de la famille Paul en Amérique.

Le compte est donc final après toutes mes analyses. Il y a trois Filles Du Roy à l’origine de nos quatre familles en Amérique. Une chez les Boulanger. Une chez les Langlois. Et finalement, une dernière chez les Blais.
Source de la photo: Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).
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Mes outils de travail – Les sites généralistes
Depuis que j’ai commencé à écrire ce livre, certains dans la famille me demandent lorsqu’ils voient tous les détails de dates et de noms dans les chapitres que je leur demande de lire pour commentaires : ‘Où prends-tu toutes ces informations ?’ La réponse est simple. Tout est généralement quelque part sur Internet. Il faut savoir chercher et utiliser les bons outils. Il suffit de savoir où et d’être souvent prêt à payer pour avoir accès au contenu, à travers des abonnements. Le présent article se veut un tour d’horizon des principaux outils que j’utilise au quotidien.
Je dirais que le premier outil à consulter est celui de NosOrigines. Je crois que c’est là que j’ai débuté par hasard et réalisé rapidement la richesse de l’internet pour un sujet comme celui-là. Il y a quelques décennies, avant l’internet, faire un arbre généalogique était toute une aventure à chercher dans les livres, surtout dans des bibliothèques. Cette époque avait probablement son lot de frustrations j’imagine. Où trouver ces livres ? Trouver ou avoir accès à des articles ou des livres entièrement dédiés à l’histoire d’une famille est souvent difficile.
Par exemple, ces jours-ci je m’amuse à lire sur l’histoire de la famille Janelle, liée à la famille Paul du côté maternel. Un livre que m’a prêté ma marraine Irène ne traite que de ça. Il lui a été remis par sa mère Gertrude, ma grand-mère, avant sa mort. Un livre rare, La famille Janelle, publié en 1929, il y a près d’un siècle. La même semaine, ma mère m’a remis un autre vieux bouquin intitulé Dictionnaire généalogique des familles Sauvageau au Canada et aux États-Unis 1669-1969, famille du côté des Langlois que son père Georges Langlois avait encore en sa possession au moment de mourir. Ces livres publiés en petites quantités il y a souvent plusieurs décennies et distribués souvent à l’intérieur des familles deviennent rapidement rares et difficiles à trouver. Votre seule chance est souvent limitée aux centres de documentation des Sociétés en généalogie ou encore aux Archives Nationales.
Un autre exemple des dernières semaines. J’ai mis la main sur une biographie de Paul Hus, notre premier ancêtre chez les Paul qui a été publiée par la Société historique Pierre-de-Saurel il y a quelques années. Je suis récemment devenu membre de cette Société alors que je commence plus sérieusement mes recherches sur la famille Paul. Sorel est le berceau de cette famille alors que presque toutes les générations y ont vécu depuis les débuts de la colonie. Ma recherche sur cette première génération chez les Paul sera grandement facilitée. Vous ne trouverez jamais ces livres en librairie ou à votre bibliothèque municipale car le bassin de gens qui peuvent s’intéresser à ces sujets est trop limité.
Par contre, le point de départ pour construire son arbre généalogique reste les fameux BMS. Les actes de baptême, de mariages et de sépultures des paroisses qui ont construit avec les siècles, l’ossature de notre généalogie. Tous les actes font référence au père et à la mère, ce qui permet aisément le maillage entre les générations. Tout le monde est relié. On dit qu’il y a plusieurs décennies, la généalogie consistait à 50% à construire son arbre généalogique et 50% à construire l’histoire pour mettre les noms et les dates en contexte et trouver une trame narrative pour faire vivre tout ce monde dans l’environnement de leur époque. Aujourd’hui avec le développrement des outils, particulièrement facilité par l’avènement de l’internet, on dit que seulement 10% du travail consiste au développement de l’arbre généalogique.
C’est donc dire que ce site NosOrigines ou encore appelé Généalogie du Québec et d’Amérique française, vous fera découvrir rapidement comment tout ça est plus facile que vous pensiez. Juste pour vous donner une idée de la structure du site une fois que vous avez mis un couple dans le moteur de recherche, voici ce que vous obtenez lorsque vous entrez nos premiers ancêtres chez les Boulanger – Claude Lefebvre Boulanger et Marie Arcular.
Vous obtenez la fiche généalogique du couple avec leurs parents (en France vers 1600), l’information sur leur mariage et leur progéniture, ainsi que d’autres informations pertinentes. Cliquer ensuite sur un nom en particulier vous permet facilement de remonter ou de descendre l’arbre généalogique dans le temps.

Capture d’écran – Généalogie du Québec et d’Amérique française ou NosOrigines.qc.ca
Comme j’ai déjà mentionné dans un récent article, l’information est restreinte après 1940 pour respecter la vie privée des gens qui pourraient être encore vivants. Donc, c’est un site qui n’inclut que les morts. Je vous recommande donc de commencer par ce site et de vous amuser un peu, d’autant plus que ce site est entièrement gratuit et vous allez découvrir une accessibilité à la généalogie que vous ne soupçonniez probablement pas, comme moi lorsque j’ai commencé.
L’information qui est limitée après 1940 est compréhensible. Il suffit seulement de le savoir et de faire attention lorsque vous naviguez autour de cette date afin de ne pas prendre pour acquis tout ce que vous y trouvez. L’information qu’on y trouve dans tous les sites généalogiques concernant cette période peut être inexistante ou incomplète. Par exemple, mes grands-parents Langlois, mariés en 1935, s’y trouvent mais n’ont pas eu d’enfants alors qu’ils en ont eu sept entre 1936 et 1947.
Cependant, ce n’est pas réellement un frein à vos recherches. La portion qui manque peut être facilement obtenue avec l’aide de personnes qui sont encore vivantes. Dans mon cas précis des Langlois et des Paul, ma mère, née en 1936, à vécu toute cette période jusqu’à nos jours et ses souvenirs ajoutent de beaucoup à la richesse des informations lorsque l’on veut aller au-delà des dates. De plus, elle avait gardé les archives personnelles de sa mère Gertrude avec d’innombrables photos qui nous permettent d’obtenir une ou deux généations supplémentaires, antérieures aux générations que ma mère pouvait avoir en sa possession. Ces archives de ma grand-mère contenaient également ce que l’on appelle maintenant son petit calepin noir qui contenait toutes les dates importantes – naissances, mariages, décès – des personnes qu’elle a connues. Comme si elle savait qu’un jour, ces informations seraient primordiales pour son petit-fils et la famille. D’autres personnes minutieuses ont également laissé derrière elles d’autres informations avant de mourir qui aujourd’hui ajoutent à la valeur du livre en résolvant certains mystères, comme ces enfants oubliés de mes arrière-grands-parents Georges et Joséphine. Je ferai justement dans quelques semaines sur ce site une série d’articles sur Les Enfants Oubliés de Georges et Joséphine pour rapporter la vie de ces enfants dont personne aujourd’hui ne se rappelle. Des informations laissées sur papier par une petite cousine de ma mère qui m’ont permis après plusieurs heures de recherches de reconstituer ces épisodes complètement oubliés de l’histoire de la famille.
Évidemment, ce n’est pas tout. Il faut beaucoup plus de sites pour réussir à construire l’histoire d’une famille mais vous avez rapidement avec NosOrigines une ossature sur laquelle construire la suite.
Il est impossible de passer, même rapidement, à travers tous les sites qui pourraient vous aider mais je les classerais en deux catégories: les sites de base principaux et les sites de niche ou spécialisés. Je couvre rapidement ici les sites de base pour ensuite réserver les sites spécialisés pour un deuxième article dans quelques jours.
Sites de base
Au Québec, Généalogie Québec est certainement le site de base qui est presque la référence en généalogie. Que certains appelent aussi la collection de l’Institut Drouin. Voici comment le site se définit sur son site:
Généalogie Québec est un site de recherche par abonnement qui regroupe l’ensemble des collections et données généalogiques acquises par l’Institut Drouin au cours de son existence. Au total, 50 millions d’images et de fiches sont regroupées en 15 outils et collections divers couvrant l’ensemble du Québec ainsi qu’une partie de l’Ontario, des États-Unis et de le l’Acadie de 1621 à aujourd’hui. Généalogie Québec est de loin la plus grande collection de documents généalogiques et historiques québécois sur le Web.
Durant mes recherches, j’y vais presque chaque jour. Pour y accéder, vous devez vous abonner – environ $100 par année. Cependant, si vous êtes membre comme moi d’une Société de généalogie, cet outil peut être gratuit avec votre numéro de membre, comme avec la Société de généalogie des Cantons de l’Est. Il faut vérifier car le site n’est pas offert par toutes les Sociétés de généalogie régionales.
Parmi les 15 outils mentionnés, c’est là que vous trouverez, entre autres, la base de données Nécrologue qui contient par exemple près de 1 million de photos de pierres tombales au Québec ainsi que des millions d’avis de décès sur internet ou autres cartes mortuaires du même type.

Photos de Tima Miroshnichenko sur Pexels.com Son moteur de recherche permet l’accès facile aux registres des paroisses – baptêmes, mariages et sépultures – et ce, depuis les début de la colonie au 17e sièle. Vous n’avez qu’à entrer un nom ou un couple et vous naviguez rapidement dans le passé.
Cependant, les données de ce site sont limitées à l’histoire généalogique du Québec, parfois certaines informations provenant de l’Acadie ou de l’Ontario (surtout francophone). Comme cela m’est déjà arrivé à quelques reprises, dès qu’un ancêtre s’exile aux États-Unis ou ailleurs, il disparaît de ces bases de données québécoises, un peu comme s’il n’avait pas existé ou qu’il décédait.
Il existe donc d’autres bases de données générales qui permettent de remédier à ces siuations avec une couverture beaucoup plus large. Un de ces sites, par exemple, met de l’avant ses plus de 15 milliards de données disponibles – pas millions mais bien de milliards. Pour ma part, je suis aussi abonné à Ancestry et aussi à MyHeritage qui sont des bases de données américaines qui incluent également les données du Québec. Ils me sont particulièrement utiles pour des ancêtres qui ont immigré en Nouvelle-Angleterre comme nous en avons chez les Langlois, les Paul et les Boulanger. American Ancestors est un autre site américain qui lui se spécialise dans les ancêtres des États de la Nouvelle-Angleterre. Ce site est le plus récent de mes abonnements. Il vient compléter grandement les autres sites auxquels j’avais déjà accès à mesure que je rencontre de plus en plus de nos ancêtres qui ont vécu dans le nord-est des États-Unis. De plus, son programme de publications, de cours et de conférences en histoire et en généalogie est assez impressionnant pour qui veut sortir un peu de notre petit nombril québécois.
Ces sites sont payants mais nécessaires pour vous permettre de naviguer à travers les nombreux obstacles quand vous pensez être dans une impasse au niveau de l’information. Dans ces sites, certains membres construisent même leur arbre généalogique à même le site dans un endroit réservé et qui sont proposés dans les résultats du moteur de recherche lorsque pertinents à ce que vous cherchez. Ils sont souvent très élaborés et peuvent grandement vous aider. Ces adeptes de leur généalogie familiale ont déjà fait une bonne partie de votre travail. Récemment, l’auteur d’un de ces arbres généalogiques m’a permis d’entrer sur son site qui répertoriait une partie de notre famille Boulanger. Une autre m’a aussi fait bénéficier de sa collection de plus de 200,000 personnes dans un énorme arbre généalogique consacré à la famille Paul. Notre famille immédiate des Paul au 20e siècle était justement un des éléments qui lui manquait. Collaboration gagnant-gagnant. Elle me donne accès au riche contenu de son site et je l’aide à le rendre encore plus riche avec mes données familiales.
D’autres sites du même genre existent mais n’ont pas l’ampleur de ces derniers, dont le site Mes Aieux, qui lui est gratuit, tout comme FamilySearch. Sans vouloir les mentionner tous, j’utilise aussi le site Geneanet.
L’article est déjà trop long pour aujourd’hui. J’en publierai un autre dans les prochains jours. Il couvrira de nombreux sites que j’appellerais des sites de niche ou des sites spécialisés qui ont un seul focus, souvent négligé par les sites généralistes. J’insisterai davantage sur les sites que j’utilise régulièrement pour m’aider dans mes recherches, particulièrement pour mettre de la viande autour de l’os, puisqu’un simple nom et une date dans une base de données ne font pas une histoire.
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Album de photos : La famille Paul vue par leurs pierres tombales
Occasionnellement, je publierai sur ce site un album de photos d’un recoin de l’histoire de nos familles. Pour commencer cette série, je vais vous présenter les soeurs et les frères de ma grand-mère Gertrude Paul. Les enfants de mes arrière-grands-parents Adolphe Paul et Marie-Anne Janelle. Leurs vies ont parcouru toute l’étendue du 20e siècle. C’est vraiment le cas. Ils sont nés au début des années 1900. Ils étaient neuf enfants et tous ont vécu, sans exception, au moins au-delà des 80 ans, la majorité au-delà des 90 ans. Il y a même eu une centenaire qui est morte à 101 ans. Il y avait décidément de la bonne génétique dans cette famille. Tous ces gens sont maintenant morts depuis au moins une génération.
Je vais donc vous les présenter en photos à l’endroit de leur repos éternel… soit avec leur pierre tombale qui détermine leur localisation précise. Un peu morbide, diront certains. J’imagine que peu d’entre vous se promènent dans les cimetières mais pour un proche décédé, c’est souvent un rituel périodique de mémoire.
Grâce aux outils dont je dispose pour écrire le livre, je me fais un devoir de chercher un visuel d’un individu en particulier. Souvent un visage de cette personne mais souvent aussi la pierre tombale qui clôt une vie. Avec les décennies qui passent, peu se rappellent du lieu précis de la sépulture de plusieurs membres de la famille. Ce livre servira donc aussi à établir pour la postérité un lieu de mémoire pour nos ancêtres.
Sans savoir dans quel cimetière un proche est enterré, ce n’est pas toujours facile de retrouver un visuel d’une pierre tombale. Ceux ayant vécu aux États-Unis amènent un degré de difficulté supplémentaire car ils ont souvent adopté un nouveau nom anglophone, mieux adapté à leur quotidien. De mon côté, il y a parfois toute une histoire liée à la recherche (et la découverte ou non) d’une pierre tombale mais cela n’intéresserait probablement personne, à part moi.
Dans cette première série de photos qui suit, ce fut assez difficile de retrouver toute cette famille qui s’avère finalement éparpillée un peu partout. Chaque nouvelle trouvaille était presqu’une victoire. Après des heures échelonnées sur quelques semaines, j’ai finalement mis la main sur la localisation éternelle (et une photo) de chaque membre de cette famille.
Je vous présente donc cette famille Paul, frères et soeurs de ma grand-mère Gertrude, à travers leurs pierres tombales.
Les parents – Adolphe Paul et Marie-Anne Janelle
Commençons d’abord par vous présenter leurs parents – Adolphe Paul et Marie-Anne Janelle. Aussi morts au-delà des 80 ans, tout comme tous leurs enfants. Tous les deux dans les années 1950. Ils reposent tous les deux dans le cimetière Saint-Pierre de La Patrie, tout près de leur fille, Gertrude, ma grand-mère.

Julie-Anne Paul (14 décembre 1897 – 23 novembre 1994)
Julie-Anne était l’aînée de la famille. Elle est née la même année du mariage de ses parents en 1897 alors qu’ils s’étaient établis dans la région de Saco-Biddeford dans l’état du Maine, aux États-Unis. La famille Janelle s’était fortement établie dans cette région lors de la génération précédente. avec plusieurs oncles et tantes de cette famille qui ont donc vécu toute leur vie aux États-Unis et étaient donc Américains. Julie-Anne est revenue au Canada avec ses parents à La Patrie et a passé toute sa vie dans les Cantons de l’Est. Avec son mari Joseph Poulin, ils sont enterrés dans le cimetière Saint-Pierre de La Patrie, près de leurs parents. Julie-Anne a vécu jusqu’à l’âge de 97 ans. Plus précisément, 96 ans, 11 mois et 1 semaine.

Émilien Paul (23 août 1899 – 11 juillet 1990)
Né juste à l’aube du début du 20e siècle, Émilien était le deuxième de cette famille. Leurs parents étaient déjà revenus au Canada après leur mariage à Biddeford, Maine, le 1er mars 1897. Les familles Paulhus (dit Paul) et Janelle venaient de la région de Drummondville, plus précisément de Saint-Germain-de-Grantham, aujourd’hui une banlieue de Drummondville. Émilien sera le premier de cinq enfants à naître à Saint-Germain. Il a marié Louise Lemieux en 1925 et ont vécu presque toute leur vie à Ascot Corner, en banlieue de Sherbrooke. C’est dans ce cimetière paroissial qu’ils sont inhumés.

Jean-Baptiste (29 juin 1901 – 12 novembre 1981)
Jean-Baptiste a été beaucoup plus difficile à trouver. Je savais par ma mère qu’il avait vécu une grande partie de sa vie aux États-Unis. Toujours dans cette région de Biddeford. Donc, je me doutais que le chercher sous son nom familier pour la famille, soit Jean-Baptiste Paul, ne donnerait rien, sans même savoir dans quel cimetière on pouvait le retrouver. Je vous évite tous les détails concernant ces recherches de mon côté mais le voici. John B. Paul est enterré dans le Saint-Joseph Cemetery de Biddeford avec son épouse Emma Pontbriand. Dans le lot de ses beaux-parents Pontbriand, ce qui n’a évidemment pas facilité les recherches. Une pierre tombale à même le sol, sous le nom de John B. Paul Sr, accompagne sa présence qui sinon passerait presqu’inaperçue sur la pierre tombale de la belle-famille. Il apparaît au milieu de la pierre tombale sous le nom de Jean B. Paul, juste au-dessus du nom de son épouse Emma Pontbriand. Un avis de décès dans un quotidien de Portland, Maine, en 1981, sous le nom de John B. Paul, m’a finalement mis sur la piste de cette pierre tombale que probablement tout le monde dans la famille verra ici pour la première fois.


Trefflé Paul (2 mai 1903 – 23 mai 2001)
Trefflé était le prochain de cette fratrie de neuf enfants. Un autre qui vivra longtemps. Il va mourir en 2001 à l’âge de 98 ans bien comptés. Il avait marié Rose-Alma Blais en septembre 1923. Ils ont eu 10 enfants. Ils ont passé une bonne partie de leur vie à Granby. Ils reposent donc dans le cimetière Mgr-Pelletier de Granby.

Adélard Paul (28 janvier 1905 – 4 juillet 1986)
Le fils Adélard a suivi en 1905. La famille est toujours établie à Saint-Germain-de-Grantham. Adélard a éventuellement épousé une certaine Jeannette Picotin. Il était barbier. Ils ont longtemps vécu à La Patrie. Ils sont tous les deux enterrés dans le cimetière Saint-Michel de Sherbrooke. Ils sont morts à quelques années d’intervalle l’un de l’autre. Lui, avait 81 ans. Elle en avait presque 90.

Marie-Anna Paul (13 mars 1907 – 26 juillet 2004)
Marie-Anna est la seule pierre tombale qui me manquait au terme de ces recherches. Un merci à ma marraine qui m’a finalement dirigé sur une bonne piste. Née en 1907, c’est la cinquième et dernière à naître à Saint-Germain-de-Grantham. La famille ira ensuite s’établir à La Patrie, près de la frontière américaine.
Morte en 2004, elle repose dans le cimetière Saint-Michel de Sherbrooke. La difficulté pour la trouver résidait dans le fait qu’elle est enterrée dans le lot de sa fille et de son gendre, son époux Alidor Gagnon étant mort il y a plus de 80 ans dans la région de Québec. C’est donc le seul de ces couples à ne pas être réuni.

Imelda Paul (10 avril 1909 – 23 avril 2010)
Imelda est la première à naître à La Patrie. En avril 1909. Les deux derniers enfants qui la suivront y naîtront également. Imelda était finalement une autre Américaine à avoir vécu presque toute sa vie adulte à Biddeford.
Ma mère ne se rappelle pas de l’époque précise où elle s’est installée aux États-Unis. J’ai pu retracer son formulaire de demande de citoyenneté américaine daté du 18 février 1948 où elle mentionne qu’elle est entrée sur le sol américain le 22 avril 1940 par le poste-frontière de Norton, Vermont. Elle avait marié Albert René le jour de Noël 1942 et le même formulaire indique que les antécédents américains d’Albert remonteraient d’aussi loin que 1923.
Elle entre donc aux États-Unis en 1940. Ils se marient en 1942 mais il décède assez rapidement en 1957. Imelda vivra ensuite veuve pour le reste de sa vie et toujours à Biddeford. Elle ne reviendra jamais vivre au Canada. Sa vie sera même la plus longue de la famille puisqu’elle est décédée centenaire à l’âge de 101 ans et 13 jours. Après deux ans de recherches pour mon livre, elle détient encore le titre de doyenne de nos quatre familles… à date.
Plus de 50 ans séparent donc leurs morts respectives. Ils sont quand même enterrés ensemble dans le Saint-Mary’s Cemetery de Biddeford. J’imagine que personne dans la famille n’a déjà croisé cette pierre tombale. Je vous dirais même qu’elle a été assez difficile à trouver.

Emmanuel Paul (16 avril 1911 – 29 janvier 2002)
Emmanuel est né en avril 1911 à La Patrie et y vivra presque toute sa vie. Marié à Marguerite Morin, ils iront s’installer à Sherbrooke à leur retraite. Ils sont néanmoins enterrés tous les deux dans le cimetière Saint-Pierre de La Patrie. Lui est décédé en 2002 alors qu’il avait 90 ans.
Comme on peut le voir sur la pierre tombale, la date du décès de son épouse Marguerite n’avait pas été mise à jour au moment de la prise de la photo. Selon ma mère, elle serait morte le 21 juin 2014, ce qui lui donnait un âge vénérable de 98 ans!

Gertrude Paul (3 novembre 1914 – 13 juillet 1999)
La cadette de la famille est la plus familière de tous. Ma grand-mère Gertrude Paul, mariée à mon grand-père Georges Langlois. Tous les deux décédés à onze jours d’intervalle en juillet 1999. J’ai d’ailleurs consacré 5 chapitres dans le livre à la vie de ce couple.
Ils reposent tous les deux dans le cimetière Saint-Pierre de La Patrie, là où reposent également les parents de Gertrude – mes arrière-grands-parents Adolphe Paul et Marie-Anne Janelle – dont on a vu la pierre tombale au début de cet album de photos. Ces deux couples ouvrent et ferment donc cet album virtuel. Les deux pierres tombales ne sont d’ailleurs séparées que de quelques dizaines de mètres de distance. Un peu plus à droite de la photo et derrière la caméra.

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Années 1600-1700, Extraits du livre, Généalogie, Histoire, Les Blais, Les Boulanger, Les Langlois, Série – Filles du Roy
Nos trois Filles du Roy
Deuxième article dans la série consacrée à nos Filles du Roy. Extraits adaptés du chapitre 8 du livre.
C’est bien après la fin du programme du roi de France, Louis XIV, que le titre ‘’Fille du Roy’’ s’installera dans la petite histoire de la Nouvelle-France. C’est Marguerite Bourgeois qui a utilisé la première ce terme pour désigner ces Filles désignées par le Roi, et ce près de 25 ans après la fin du programme en 1673. Elle s’est d’ailleurs beaucoup impliquée dans l’encadrement de ces jeunes filles dès leur arrivée, plus particulièrement du côté de Ville-Marie, qui deviendra Montréal plus tard. Un musée à Montréal – la Maison Saint-Gabriel – vise d’ailleurs à commémorer l’oeuvre de Marguerite Bourgeois et de ses Filles du Roy.
Mais comment définit-on précisément une Fille du Roy dans notre histoire ? Simplement, une immigrante de la France vers la Nouvelle-France, veuve ou célibataire, venue au Canada entre 1663 et 1673, et qui a vraisemblablement bénéficié de l’aide royale dans son transport ou encore son établissement dans la nouvelle colonie.
Yves Landry est un historien québécois qui a enseigné dans des universités tant canadiennes que françaises. Il se spécialise dans l’histoire de la France de l’Ancien Régime et dans la démographie historique. Ses recherches portent principalement sur les immigrants établis au Canada au 17e et au 18e siècle, dont les Filles du Roy. Il publie d’ailleurs un répertoire bibliographique sur les Filles du Roy. La dernière version a été publiée en 2013. À cette date, il a établi le total des Filles du Roy inventoriées et respectant les critères de la définition à 764. Un site internet continue de mettre à jour l’inventaire certifié par Yves Landry en attendant la publication d’une nouvelle version du répertoire. Encore aujourd’hui, à la suite de nouvelles recherches, des Filles du Roy sont ‘’déchues’’ de leur ‘’titre’’ alors que d’autres font encore leur entrée tardive dans le répertoire. Il existe quelques sources ou autres références qui arrivent à un total légèrement inférieur ou supérieur au décompte de Landry mais ce dernier semble être la référence incontournable sur le sujet.
Dans ce répertoire, chacune des Filles du Roy reconnue a droit à une courte biographie. Notre premier ancêtre en Amérique, Claude Lefebvre Boulanger, avait épousé Marie Arcular, qui était une Fille du Roy. Notre premier ancêtre chez les Langlois avait aussi épousé une Fille du Roy, soit Élisabeth Cretel. Ces femmes font effectivement partie du répertoire d’Yves Landry.
Voici d’ailleurs ce que dit le répertoire sur ces deux Filles du Roy qui nous concernent plus particulièrement. Tout d’abord, concernant Marie Arcular en page 46:
‘’ARCULAR, Marie. Fille de feu Jean (maître charpentier) et de Catherine AUCOIN, de la paroisse St-Nicolas-des-Champs, ville et archevêché Paris en Île-de-France. Née vers 1651. Arrivée en 1669, apportant des biens estimés à 250 livres et un don du roi de 50 livres. Décédée le 24-04-1718 à St-Jean Î.O. Ne savait pas signer.
1er mariage : le 28-10-1669, à Ste-Famille, Î.O., avec Claude LEFEBVRE, dit Boulanger (habitant), né vers 1649, décédé le 12-02-1690, sachant signer. Certificat de mariage le 7-10-1669 (Becquet). Ménage établi à St-François Î.O. 10 enfants.
2e mariage : le 07-07-1692, à St-François Î.O. avec Pierre LEJAMBLE (habitant), né vers 1651, décédé à l’automne 1711, ne sachant pas signer. Certificat de mariage le 26-06-1692 (Chambalon). Ménage établi à St-Jean, Î.O. 1 enfant.’’
Maintenant, voyons ce qu’on y dit sur Élisabeth Cretel à la page 87:
‘’CRETEL, Élisabeth. Fille de feu Guillaume et de Jeanne GODEFROY, de la paroisse St-Maclou, ville et archevêché Rouen, en Normandie (Seine-Maritime). Née vers 1649. Arrivée en 1671, apportant des biens estimés à 300 livres et un don du roi de 50 livres. Inhumée le 27-05-1704 à Neuville. Ne savait pas signer.
Mariage : le 26-10-1671, à Québec, avec Nicolas LANGLOIS (habitant et tisserand), né vers 1641, inhumé le 13-10-1721, sachant signer. Certificat de mariage le 14-10-1671 (Becquet). Ménage établi à Neuville. 10 enfants.’’
Nous avons également une troisième Fille du Roy dans la famille. Chez les Blais – une de nos deux familles du côté des Boulanger, le nom de fille de ma grand-mère paternelle étant Juliette Blais. Vous ne retrouverez même pas le mot ‘’Blais’’ dans cette courte biographie. Une famille difficile à suivre au niveau des patronymes ou des noms de famille d’une génération à l’autre. Une situation qui n’est pas inhabituelle en généalogie. Ce sera également le cas lorsque nous éplucherons la situation des Paul du côté maternel.
Cette troisième et dernière Fille du Roy dans notre histoire se nomme Marie-Madeleine Philippe. On arrive à elle et à son couple comme premiers ancêtres de cette famille en Amérique en remontant la généalogie à partir de mes grands-parents – Omer Boulanger et Juliette Blais. Elle figure également dans le répertoire en page 189. Elle aura 7 enfants :
‘’PHILIPPE, Marie-Madeleine, Fille de Nicolas et de Marie CIRIER, de la paroisse St-Étienne-du-Mont, ville et archevêché Paris, en Île-de-France. Née vers 1651. Arrivée en 1668. Inhumée le 09-01-1724 à Lotbinière. Ne savait pas signer.
Mariage : le 17-10-1668, à Québec, avec Pierre TOUSIGNANT dit Lapointe (habitant), baptisé le 23-03-1641, décédé après le 30-10-1714, ne sachant pas signer. Certificat de mariage le 16-10-1668 (Duquet). Ménage établi à Lotbinière. 7 enfants.
On peut voir ici un sommaire de l’information relative à l’histoire de nos trois Filles du Roy que l’on retrouvera dans le chapitre 8 du livre.

Pour ceux que la chose intéresse particulièrement, voici la page couverture du livre d’Yves Landry intitulé Les Filles du Roi au XVIIe siècle qui inclut le répertoire biographique complet des Filles du Roy, toujours mis à jour selon ses nouvelles recherches, et publié aux éditions Bibliothèque québécoise. Même si la dernière édition date de 2013, elle a été depuis réimprimée et est disponible facilement dans les librairies. Le site web d’Yves Landry continue de mettre à jour son répertoire de Filles du Roy en fonction de nouvelles informations qui sont encore mises à jour plus de 350 ans plus tard.


Album de photos
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