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Années 1800-1900, Années 1900-2000, Documents historiques, Histoire, Pas dans le livre, Photos, Série – Albums de photos
Album de photos: Sherbrooke au 19e siècle
Contrairement aux débuts de la Nouvelle-France qui se situent dans les environs de 1600 avec l’arrivée de Samuel de Champlain qui plante sa croix à Québec, les débuts des Cantons de l’Est sont beaucoup plus récents. Dans les années 1800 avec beaucoup d’anglophones provenant des États-Unis, loyalistes du roi d’Angleterre, qui avaient fui leur pays suite à la guerre d’indépendance américaine. L’un des secteurs qu’ils ont peuplé en grand nombre est celui qui deviendra les Cantons de l’Est, les Eastern Townships. Sherbrooke est donc né parmi ces développements tout au long du 19e siècle.
J’ai retracé plusieurs photos aux archives nationales qui nous montrent la petite ville de Sherbrooke entre les années 1800 et 1900. On s’en doute bien, rien à voir avec celle qu’elle est devenue aujourd’hui.
Il s’agit donc du deuxième album de photos sur ce site après celui sur la famille d’Adolphe Paul et de Marie-Anne Janelle, ainsi que leurs enfants, vue par leurs 10 pierres tombales que j’ai présenté en clin d’oeil il y a quelques semaines.
Voici donc l’évolution de la ville de Sherbrooke tout au long du 19e siècle et au début du 20e siècle.

Sherbrooke en 1828.

Sherbrooke en 1832.

Côte est de la rivière Saint-François en 1834.

Vue de Sherbrooke vers 1840.

Vers 1868. 
Pont Aylmer (couvert) sur la rivière Saint-François entre 1869 et 1898.

Sherbrooke en 1876.

Rue Dufferin à Sherbrooke vers 1878.

Plan aérien de Sherbrooke vers 1881.

Sherbrooke vers 1883.

Sherbrooke vers 1889.

La rue King vers l’ouest à partir du pont Aylmer en 1898.

Sherbrooke House au coin King et Dépôt en 1898.

Rue Wellington Nord à partir de la rue King en 1898.

Rue Dufferin entre 1903 et 1913.

Construction du pont Wolfe sur Dufferin en 1904.

Secteur de la rue Frontenac vers 1917 – Société d’histoire de Sherbrooke.

Côte King vers 1942.
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Années 1600-1700, Documents historiques, Histoire, Les Blais, Les Boulanger, Les Langlois, Les Paul, Pas dans le livre
Nos ancêtres et le recensement de la Nouvelle-France en 1681
Se peut-il qu’au début de la colonie tout le monde se connaissait ? Probablement pas surtout à cause des contraintes de transport. Le fleuve Saint-Laurent était la seule ‘autoroute’ du coin. Par contre, il y a aujourd’hui plus d’habitants à Magog dans les Cantons de l’Est que de colons français dans toute la Nouvelle-France au début de la colonie en 1681. J’ai retracé toutes les données du recensement de la Nouvelle-France de 1681, y compris celles concernant nos propres ancêtres. Que nous racontent ces données ? C’est un peu comme avoir accès à l’annuaire téléphonique de la Nouvelle-France. Tous les habitants en 1681 y sont inventoriés.
C’est à l’Intendant Talon que l’on doit les débuts d’un processus formel de recensement en Nouvelle-France en 1666. On dit que c’est lui en personne qui est allé cogner aux portes pour recenser chaque habitant avec leur nom, leur âge, leur profession, leur état matrimonial ainsi que leur lien avec le chef de famille de chaque maison. On prenait en même temps en note le nombre d’animaux et la grandeur des terres pour évaluer les richesses de la colonie. En 1666, la population s’est donc établie à 528 familles ou 3,215 habitants dans toute la Nouvelle-France. C’est la ville de Québec qui regroupe la majorité de ces habitants avec 2,100 personnes. Montréal est loin derrière avec 635 habitants.
On réfère ensuite au recensement de 1681 comme le plus important à date. C’est celui que je détaillerai ici, d’autant plus que c’est entre le recensement de 1666 et celui de 1681 que nos premiers ancêtres sont arrivés en Nouvelle-France. Il y avait donc très peu à dire sur nos ancêtres en 1666.
Tout d’abord, jetons un coup d’oeil sur les données d’ensemble de toute la Nouvelle-France suite au recensement de 1681.
Au global, dans toute la Nouvelle-France à l’automne de 1681, il y avait un total de 1,568 ménages pour une population totale de 9,677 habitants, dont 5,375 hommes et 4, 302 femmes. On avait donc triplé la population en l’espace de 15 ans ! De ce total, 1,475 hommes et 1,461 femmes ont un statut de marié. La majorité sont des enfants ou sont non-mariés, soit 3,835 hommes et 2,783 femmes pour un total de 6,618. Finalement, 123 personnes se disent veufs (65 hommes et 58 femmes).
Les villes et villages les plus populeux sont en ordre décroissant: Isle de Montréal (1,418 habitants) qui déclasse la ville de Québec qui était première en 1666, vient ensuite justement Québec (1,345), Isle d’Orléans (1,082) et Beaupré (725). Neuville est la cinquième communauté en importance avec 372 habitants, lieu de résidence de nos premiers ancêtres chez les Langlois. Suivent ensuite dans le même ordre, Petite Auvergne (309) – qui est devenu depuis une partie de Charlesbourg, Beauport (305) et Lauzon (291). En tout, il y avait un total de 54 communautés dans toute la Nouvelle-France, toutes situées plus ou moins en bordure du fleuve Saint-Laurent. On peut conclure rapidement que la région de Québec est de loin là où l’essentiel de la population se concentre.
Que disent les données du recensement de 1681 concernant nos propres ancêtres? Prenons-les famille par famille.
Tout d’abord, prenons les Boulanger. Notre premier ancêtre en Nouvelle-France est Claude Lefebvre dit Boulanger, arrivé à l’Île d’Orléans dès 1663. Il rencontrera Marie-Ursule Arcular, Fille du Roy, qu’il mariera en octobre 1669. Ils s’installeront dans la paroisse de Saint-François, au nord de l’Île d’Orléans. Où en sont les choses selon le recensement de 1681, une douzaine d’années après leur mariage? La paroisse a alors 30 familles et 165 habitants.
On retrouve la famille à l’Île d’Orléans, comté de Saint-Laurent, toujours dans la paroisse de Saint-François. Claude a maintenant 33 ans et sa femme Marie Ursule en a 30. Fait intéressant, selon les sources, on voit régulièrement Marie ou Marie-Ursule. Ici, elle s’enregistre sous son prénom de Marie-Ursule. Le couple aura au total 10 enfants. Au moment du recensement en 1681, on en dénombre cinq: Jean – 10 ans, Pierre – 8 ans, Marie – 5 ans, Madeleine- 3 ans, et finalement Suzanne – 1 an. Le compte est exact selon la généalogie de cette famille que j’avais recensé pour le livre. Jean est connu sous Jean-Baptiste, né en 1671, alors que Madeleine est répertorié dans le livre sous Marie-Madeleine et est née en 1678, ce qui lui donne effectivement 3 ans. En 1676, naîtront Jacques et sa jumelle Marie. Jacques n’a pas survécu selon mes recherches antérieures et est mort à la naissance. Donc, il n’était plus là lors du recensement de 1681. Quatre autres enfants naîtront après le recensement de 1681 dont notre ancêtre en ligne directe de la deuxième génération – Claude – qui naîtra en 1682.
Le recensement indique également que la famille possède 8 bêtes à cornes et cultive 12 arpents de terre.
Du côté de la famille Langlois, nos premiers ancêtres sont Nicolas Langlois qui a marié Élisabeth Cretel, Fille du Roy également. Ils se sont mariés en octobre 1671 et prennent la route de Neuville, près de Québec. C’est encore là qu’on les retrouve lors du recensement de 1681. On y dit:
¨La Seigneurie de Neuville est distante de Québec de 7 lieues en montant, située le long du grand fleuve au côté du Nord. Cette paroisse a 2 lieues d’étendue d’un côté et une lieue de l’autre. Il y a 61 familles et 340 âmes. Il y a une chapelle de colombage dédiée à Saint-François-de-Sales, couverte de paille, longue de 30 pieds et large de 22, sans presbytère, ni terre pour en faire, le prêtre y demeure en pension chez un habitant¨.
Telle est la situation des lieux en cette année 1681. Plus précisément, Nicolas Langlois est y maintenant bien établi sur sa ferme qu’il a reçu en 1667. Lors du recensement de 1681, il a maintenant 40 ans et sa femme Élisabeth en a 32, ce qui est conforme à mes recherches antérieures. Ils ont maintenant 6 enfants. Ils en auront au total 10 entre 1672 et 1688. Lors du recensement, les six enfants de la maisonnée sont: Claudine – 9 ans, Étienne – 8 ans, qui est notre ancêtre en ligne directe de la deuxième génération, Françoise – 6 ans, Marie – 5 ans, Élisabeth – 4 ans et enfin Nicolas – 2 ans. Nicolas est celui qui héritera de la terre familiale, celle-là même qui est encore entre les mains de la famille Langlois de nos jours après plus de 350 ans, transférée de génération en génération. Dans cette liste, seule Marie – 5 ans – me cause un problème car elle n’apparaît pas dans la généalogie de la famille. Quand même un peu étrange… Il y a bien Marie-Madeleine, née le 15 février 1681 juste avant le recensement, mais elle ne peut avoir 5 ans, probablement 5 mois d’où l’erreur probable du recenseur. C’est l’explication la plus plausible. Même Michel Langlois, généalogiste de la famille Langlois, qui a un peu écrit sur cette famille, partage cette liste et cet état de la famille en 1681. Quant à Élisabeth, on la voit parfois selon certaines sources sous Isabelle, y compris une fois adulte.
Les recensements à l’époque inventoriaient également les animaux et les terres. Chez les Langlois de Neuville en 1681, ils étaient les propriétaires de 4 bêtes à cornes et avaient 16 arpents en valeur.

Allons du côté de la famille Paul maintenant. On apprendra dans le livre que ce nom de famille n’est entré dans la famille que récemment, soit lors de la génération de mon arrière-grand-père autour des années 1900, probablement dû à leur déménagement aux États-Unis à cette époque pour faciliter leur intégration. Le patronyme Paul était plus facilement prononçable en anglais, comparé à Paulhus, qui était le nom d’origine de cette famille, bien que l’épellation et la formulation a évolué presqu’à chaque génération.
Notre premier ancêtre était donc Paul Hus. Le berceau de cette famille se situe dans la région de Sorel, appelée Saurel à l’époque. Nous étions donc dans la Seigneurie de Saurel. Paul Hus avait marié Jeanne Baillargeon le 16 juin 1669 au Cap-de-la-Madeleine et se sont ensuite installés dans cette Seigneurie. Lors du recensement de 1681, on les retrouve effectivement dans ce même patelin sur la rive sud du fleuve. Moins développé alors que les lieux visités à date dans nos deux premières familles. Il n’y a alors que 15 familles et 113 habitants.
Cependant, on y retrouve nos ancêtres sous le nom de Hué. Comme mentionné auparavant, cette famille changeait constamment de nom. Il s’agit de Paul Hué, 38 ans. On sait également qu’il était déjà en Nouvelle-France lors du recensement de 1666 alors qu’il se trouvait alors à Beauport où il était domestique chez le célèbre Robert Giffard. Le reste des informations concernant le recensement de 1681 sont corroborées par mes recherches antérieures sur cette famille. Jeanne Baillargeon a 26 ans. Ils ont 6 enfants vivants en 1681. Ils en auront 12 au total. Il y avait donc, Louis – 11 ans, Marc-Antoine – 10 ans, Jean-Baptiste – 7 ans, Jean – 5 ans, Pierre – 3 ans et finalement Jeanne – 1 an et demi. Mes recherches indiquaient aussi un Jean-Baptiste, né en 1672 et mort la même année et n’était donc plus là en 1681.
Au-delà des enfants, la famille avait également 1 fusil, 7 bêtes à cornes et également 20 arpents en valeur.
Finalement, la famille Blais est plus compliquée à comprendre. Si ce n’était qu’un ancêtre d’une génération au 19e siècle qui a décidé de prendre le nom de famille de sa grand-mère Blais, nous serions aujourd’hui des Tousignant, et non des Blais, au niveau de la généalogie stricte, de père en fils. Notre ancêtre d’origine était donc Pierre Tousignant dit Lapointe qui avait marié Marie-Madeleine Philippe, notre troisième et dernière Fille du Roy dans nos quatre familles. Ils se sont mariés le 17 octobre 1668 à Québec.
Lors du recensement de 1681, on les retrouve donc dans la Seigneurie de Lotbinière, située à quelque 17 lieues de Québec, où ne vit alors que 12 familles et 61 habitants. Pierre a 40 ans et sa femme en a 30. ce que confirme mes recherches préliminaires sur cette famille. À ce moment, 5 enfants résidaient dans leur maison: Marguerite (10 ans), Madeleine (8 ans), Jean (5 ans), Michelle (2 ans) et Marie (6 mois). Le recensement indique également un inventaire d’un seul fusil, 3 bêtes à cornes et 6 arpents en culture.
Je n’ai pas encore commencé mes recherches détaillées sur ce côté paternel de nos familles mais mes données préliminaires de la progéniture du couple indiquent deux autres enfants nés avant 1681 soit Noël, né en 1677 et Michel, né en 1680. Une autre – Catherine-Agnès – serait née après ce recensement, soit en 1683. Par contre, les notes de généalogistes indiquent ‘8 enfants vérifiés’. Il doit donc y avoir une explication logique sur ces deux enfants, en apparence manquants lors du jour du recensement. Probablement décédés en bas âge avant 1681. À voir plus tard dans mes recherches sur cette famille Blais.
Cet article m’a permis de valider en très grande partie les données de ce recensement avec les données que j’avais déjà selon mes recherches. Il me faudra donc revérifier plus tard ou expliquer les quelques différences mineures identifiées dans cet article.
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Les premiers Langlois arrivés en Nouvelle-France
Les Langlois ne descendent pas tous du même ancêtre d’origine. Pour ceux et celles qui seraient surpris d’apprendre ce fait de base, les Langlois ne sont pas tous parents finalement. La suite va probablement vous surprendre encore davantage. On dit même qu’il existe neuf familles souches dont nous parlerons dans les prochains mois sur ce site. Pour le suspense, disons déjà qu’il y a même une histoire de sorcellerie dans une de ces familles. Mais encore plus surprenant peut-être, il y avait même déjà des Langlois au tout début de la colonie avant même l’arrivée de la première famille souche, celle de Noël Langlois.
De façon sommaire, on pourrait se dire qu’il y a le premier et ensuite il y a tous les autres. Pas vraiment dans la vraie vie, et surtout pas en généalogie. Dans les premières années de la Nouvelle-France, la population a graduellement augmenté de quelques dizaines d’individus à quelques centaines et ensuite à quelques milliers. Au fur et à mesure que le nombre devenait de plus en plus important, y avait-il vraiment autant de noms de famille que d’individus pour vraiment faire de chaque individu une personne unique avec son propre patronyme ou nom de famille ? Poser la question, c’est y répondre. Deux colons venus de France, même voisins, pouvaient partager le même nom de famille sans être parents.
Par exemple, l’Association des Blais d’Amérique se dédie entièrement à Pierre Blais, que l’on dit ‘’être le premier arrivant de la famille Blais en Amérique du Nord et l’ancêtre de tous les Blais d’Amérique’’.
Le cas des Langlois est différent. Il n’y a pas un seul ancêtre commun à tous les Langlois. Tous les chemins généalogiques ne mènent pas tous à Noël Langlois, même si c’est le cas pour la plupart des Langlois.
Un vieil article très intéressant de Léon Roy intitulé ‘’Nos familles Langlois et Langlais’’ et datant de février 1947 – encore faut-il le trouver – décrit très bien les traces des Langlois au tout début de la colonie. Comme je l’ai déniché aux archives nationales et qu’il n’est pas facilement accessible, je me permets d’en citer quelques courts extraits qui mettent en contexte le sujet de cet article :
‘’Les Langlois ne sont pas de nouveaux-venus au Canada. Au nombre des cinq premiers couples européens qui vivent à Québec pour s’y établir, entre 1617 et 1619, se trouvaient déjà deux femmes du nom de Langlois. La mère des trois premiers Canadiens, c’est-à-dire des trois premiers enfants nés au pays de parents français, était une Langlois.’’

Blason de la famille Langlois – Source: Association des Langlois d’Amérique
On parle ici des premiers signes de Langlois avant même l’arrivée de notre ancêtre Nicolas Langlois environ cinquante ans plus tard et même une vingtaine d’années avant l’arrivée de Noël Langlois dont la majorité des Langlois d’aujourd’hui le revendiquent comme leur premier ancêtre.
Mais comme on le sait, la généalogie a un biais un peu ‘’sexiste’’ car seulement les hommes sont considérés pour établir une descendance généalogique. C’est certainement injuste mais c’est ainsi puisqu’il fallait bien une convention de départ. Suivre les patronymes ou noms de famille paternels était probablement plus simple pour s’y retrouver.
D’ailleurs, question de s’amuser un peu, je ferai cet exercice beaucoup plus tard dans le livre pour établir ce que serait notre ‘’route généalogique’’ chez les Langlois si on avait adopté comme société une généalogie ascendante dite maternelle (ou utérine) où seul l’utérus d’une femme compte. Ce qui serait logique aussi. Non? Ce ne serait pas plus normal d’utiliser la descendance vraiment directe d’une personne – en fonction du lien d’un utérus à l’autre ? Je présenterai probablement dans quelques mois sur ce site ce que ça donne, d’autant plus que maintenant on sait que notre lignée familiale des Langlois s’est éteinte avec mon grand-père Georges qui n’a engendré ‘’que’’ sept filles. Il n’y aura donc plus de garçons pour perpétuer le nom des Langlois selon la généalogie dite paternelle même s’il existe encore plusieurs de ces filles Langlois toujours bien vivantes, assez pour reconnaître que rien n’est encore éteint au niveau du sang et de la racine familiale. Une série d’environ une dizaine d’articles à garder en tête pour plus tard concernant l’ascendance matrilinéaire de ma grand-mère Gertrude Paul.
Je ne me rappelle plus vraiment où j’ai déniché cette information au cours de mes recherches des derniers mois, mais une étude québécoise récente a établi que si notre société avait adopté une généalogie dite maternelle où le nom de la mère prime plutôt que celui du père, le patronyme le plus courant de nos jours ne serait pas Tremblay ou Gagnon… mais Langlois. Cela en dit probablement assez pour conclure que ces ‘’filles Langlois’’ ont trop souvent donné leur place dans le choix du nom des enfants pour utiliser celui du père. Ma mère me dit d’ailleurs que la souche éteinte des Langlois chez son père Georges n’est pas unique. Tous ses frères et sœurs de cette génération auraient été atteints de la même ‘’malédiction’’. Que des filles et pas de garçons. Une analyse rapide de mon côté m’indique que c’est essentiellement le cas. Malgré le fait que cette génération a engendré 15 enfants, leur progéniture n’est garnie que de filles. Je n’ai pu retracer qu’un seul garçon dans les dernières années de cette génération et qui n’aurait jamais fréquenté la famille. Autant de petites lignées de Langlois qui se sont donc éteintes. Quand même assez exceptionnel !
Retournons à ce même article de 1947 qui nous en apprend davantage sur la présence des Langlois au tout début de la colonie.
‘’Le quatrième mariage célébré au Canada fut celui de Noël Langlois, en 1634, dont la famille est la deuxième, par ordre d’ancienneté au Canada, si on exclut les familles éteintes.’’
Encore une fois, il n’y a de lien de parenté entre notre famille et celle de Noël Langlois. Notre famille est celle de Nicolas Langlois. Je continue :
‘’À cette époque, la colonie comptait déjà au moins quatre personnes du nom de Langlois, comprenant ce Jean Langlois, capitaine de navire, qui dès 1628, faisait de fréquents voyages entre la France et le Canada. Parmi les séculières, qui accompagnaient les hospitalières de Dieppe, débarquées à Québec, en 1639, se trouvait une pieuse fille, dont la mère était une Langlois. En 1653, on signale aux Trois-Rivières, la désertion d’un nommé Paul-Langlois-dit-Lassurance, matelot, et d’un autre Langlois, prénommé Jean. La grand-mère du premier prêtre canadien était une Langlois, tandis que la mère du deuxième, était aussi une Langlois. Avant le premier grand recensement nominal de tous les habitants de la Nouvelle-France, qui eut lieu au printemps de 1666, on avait déjà compté au Canada une trentaine de personnes du nom de Langlois, dont une bonne partie étaient nées au pays.
D’autres Langlois sont inventoriés avant même l’arrivée de Noël Langlois en 1633 selon le site naviresnouvellefrance.net que j’ai consulté. On mentionne aussi deux femmes. La première est Françoise Langlois qui serait arrivée à Québec dès 1619 avec sa sœur Marguerite et son mari Abraham Martin mais qui est repartie en France en 1629, dix ans plus tard le 24 juillet 1629. Sa sœur Marguerite, quant à elle, est le deuxième cas en question. Arrivée donc en même temps que sa sœur Françoise en 1619, elle arrive avec son mari Pierre Desportes. Elle aussi retournera en France avec sa propre famille et sa sœur en 1629 mais serait revenue trois ans plus tard avec son mari et ses trois enfants – Eustache, Marguerite et Hélène – en 1632, toujours avant l’arrivée de Noël Langlois l’année suivante.
De plus, toujours autour de cette date d’arrivée de Noël Langlois, il y aurait eu une Marie Langlois qui est arrivée à Québec à l’été 1634 avec son mari et ses quatre enfants.
Mais tout ce beau monde qui ne font pas d’enfants au Canada ou qui sont des femmes, ça ne fait pas une généalogie, ni une descendance, et encore moins le début d’une famille-souche.
C’est donc dire qu’au-delà des nombreuses familles souches de Langlois qui ont ‘‘structuré’’ les contours de notre famille au niveau généalogique, le nom des Langlois était quand même un nom courant au tout début de la colonie.
Source de la photo: Québec vers 1650, BAnQ – Bibliothèque et Archives nationales du Québec
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Années 1600-1700, Années 1800-1900, Années 1900-2000, Années 2000, Généalogie, Général, Les Langlois, Pas dans le livre, Série – Les enfants oubliés
À venir sur le site en mai et juin
Comme je l’ai fait en mars dès les premiers jours du lancement de ce site Web dédié à l’histoire de mes quatre familles d’origine, je vous présente les articles que je développe ces jours-ci et qui devraient être publiés au cours des mois de mai et de juin, au rythme d’environ un par semaine. Certains proviennent d’extraits adaptés du livre à venir, d’autres viennent complètement du champ gauche, c’est-à-dire des textes complètement nouveaux. Des sujets que j’ai fouillés ou que je voulais fouiller mais qui ne peuvent trouver une place dans le livre.
Il ne me reste que deux chapitres à rédiger sur la famille Langlois parmi la quinzaine que comptera le livre.
Parmi les extraits du livre au cours des deux prochains mois, le focus sera surtout sur la famille Langlois puisqu’il s’agit de la famille qui a monopolisé une bonne partie de mon temps au cours de la dernière année. Il ne me reste que deux chapitres à rédiger sur cette famille parmi la quinzaine que comptera le livre. Environ 300 pages uniquement sur cette famille. Donc, plusieurs articles à venir prochainement sur les Langlois qui ne couvriront cependant qu’une petite partie du contenu du livre. Les quelques articles des prochaines semaines couvriront notre petite histoire par les deux bouts, à trois siècles de distance. Quelques histoires au début de la colonie vers 1650 et d’autres plus récentes au début du 20e siècle.
Voici donc les sujets variés en préparation.
Les premiers Langlois arrivés en Nouvelle-France
Les Langlois ne descendent pas tous du même ancêtre d’origine. Pour ceux et celles qui seraient surpris d’apprendre ce fait de base, les Langlois ne sont pas tous parents finalement. La suite va probablement vous surprendre encore davantage. On dit même qu’il existe neuf familles souches dont nous parlerons dans les prochains mois sur ce site. Pour le suspense, disons déjà qu’il y a même une histoire de sorcellerie dans une de ces familles. Mais encore plus surprenant peut-être, il y avait même déjà des Langlois au tout début de la colonie avant même l’arrivée de la première famille souche, celle de Noël Langlois.
La population de la Nouvelle-France en 1681
Se peut-il qu’au début de la colonie tout le monde se connaissait ? Probablement pas surtout à cause des contraintes de transport. Le fleuve Saint-Laurent était la seule autoroute du coin. Par contre, il y a aujourd’hui probablement plus d’habitants à Magog dans les Cantons de l’Est que de colons français dans toute la Nouvelle-France au début de la colonie en 1681. J’ai retracé toutes les données du recensement de la Nouvelle-France de 1681, y compris celles concernant nos propres ancêtres. Que nous racontent ces données ? C’est un peu comme avoir accès à l’annuaire téléphonique de la Nouvelle-France. Tous les habitants en 1681 y sont inventoriés.
Album de photos: Sherbrooke vers 1900
Contrairement aux débuts de la Nouvelle-France qui se situent dans les environs de 1600 avec l’arrivée de Samuel de Champlain qui plante sa croix à Québec, les débuts des Cantons de l’Est sont beaucoup plus récents. Dans les années 1800 avec beaucoup d’anglophones provenant des États-Unis, loyalistes du roi d’Angleterre, qui avaient fui leur pays suite à la guerre d’indépendance américaine. L’un des secteurs qu’ils ont peuplé en grand nombre est celui qui deviendra les Cantons de l’Est, les Eastern Townships. Sherbrooke est donc né parmi ces développements de la fin du 19 siècle.
J’ai retrouvé plusieurs photos aux archives nationales qui nous montrent la petite ville de Sherbrooke autour des années 1900. On s’en doute bien, rien à voir avec celle qu’elle est devenue aujourd’hui. Ce sera donc l’objet du deuxième album de photos sur le site après celui sur la famille d’Adolphe Paul et de Marie-Anne Janelle et de leurs enfants, vue par leurs 10 pierres tombales que j’ai présenté en clin d’oeil il y a quelques semaines.
Les données du recensement canadien de 1931 bientôt en ligne
Le 2 juin prochain est un jour à noter pour les adeptes de généalogie et d’histoire puisque les données du recensement fédéral de 1931 – donc, entre les deux guerres mondiales – seront finalement rendues publiques. 1931 ?, direz-vous, ça fait presqu’un siècle ! Tout le monde voudrait bien les avoir plus tôt mais puisque ce sont des données personnelles, sujettes à la protection de la vie privée, la loi exige d’attendre précisément 92 ans avant de rendre publique cette avalanche de données, utiles pour l’histoire et la généalogie. Ajoutez donc 92 ans au recensement de 1931 et nous y voilà finalement… en 2023.
Nous irons dans les coulisses de la planification du lancement de ces données, qui comme celles liées au recensement de 1681 dont je parlais plus haut pour un autre article à venir en mai, révéleront des pans de notre histoire canadienne. Une fois ces données publiées, j’en éplucherai les grandes lignes, ce que les médias en retiendront et surtout, le statut de nos ancêtres il y a environ un siècle.
Rappelons que ce recensement avait établi la population du Canada à 10,376,786 individus en date du 1er juin 1931, une augmentation importante de 18% sur le décompte de 1921 (8.8 millions), seulement 10 ans auparavant. Ce chiffre se compare à près de 37 millions d’individus en 2021. Une augmentation de plus de 400% en un siècle !
Les familles souches chez les Langlois – celle de Noël Langlois
Environ 80% de tous les Langlois d’Amérique descendent de Noël Langlois. Par contre, ce n’est pas notre cas puisque notre famille descend de Nicolas Langlois. Noël Langlois est arrivé en Nouvelle-France environ 30 ans avant Nicolas Langlois. Noël Langlois a pris la direction de Beauport. Nicolas Langlois a pris la direction de Neuville. L’histoire ne dit pas s’ils se sont déjà rencontrés. Un profil de cet ancêtre Noël Langlois qui n’est pas vraiment le nôtre.
Élisabeth Cretel – Sa traversée de l’Atlantique
Saviez-vous qu’il existe un site pour suivre la traversée de tous les Français qui sont venus en Nouvelle-France pour y commencer leur nouvelle vie ? On peut donc vous raconter comment notre Élisabeth Cretel, future épouse de Nicolas Langlois, est arrivée ici… en 1671. Durant les prochains mois, je ferai la même chose pour raconter la traversée de nos ancêtres chez les Boulanger, les Paul et les Blais.
Les enfants oubliés de Georges et Joséphine
Encore une fois, nos ancêtres Langlois mais deux siècles plus tard. Retour vers le futur pour la famille Langlois en présentant mes arrière-grands-parents Georges Langlois et Joséphine Sauvageau qui ont vécu à la fin des années 1800 et durant la moitié des années 1900. Au début de mes recherches, on me disait du côté de cette famille que mes arrière-grands-parents avaient eu quinze (15) enfants… mais personne ne pouvait en mentionner plus de neuf (9). Mes recherches – que je raconte dans le livre – m’ont transformé un peu en Arsène Lupin à la recherche de ces six enfants manquants. Je les ai finalement tous trouvé au terme de mes recherches avec les preuves nécessaires. Six enfants oubliés dont personne de nos jours n’a déjà entendu parler.
Ce sera donc une nouvelle série sur le site, pour la saison estivale. Cette série de sept articles chez notre famille Langlois part à la recherche des six enfants oubliés de cette famille, qui ont fait partie de la 8e génération. Cette série racontera aussi comment mes recherches ont conduit à leur »découverte ».
Ces sociétés qui protègent notre passé
Quand j’ai commencé mes recherches pour ce livre, j’ai appris rapidement à connaître un monde de Sociétés dont on entend rarement parler et qui dépendent souvent de bénévoles pour les faire fonctionner. Il s’agit du réseau des Sociétés de généalogie et celui des Sociétés d’histoire. Avec mes recherches qui me mènent d’une région à l’autre au fil du parcours de nos ancêtres, je suis devenu membre de plusieurs de ces Sociétés et elles sont importantes pour creuser plus facilement notre passé.
Les enfants oubliés de Georges et Joséphine – Joséphine Langlois
Deuxième article donc dans cette série de sept dont je parlais plus haut. Celle des six enfants oubliés. Celui-ci parlera de Joséphine – du prénom de sa mère Joséphine Sauvageau. Même si les plus âgés dans la famille se rappellent de Cécile qui aurait été l’aînée de cette fratrie de quinze enfants, c’est Joséphine qui était en fait l’aînée. Comme le dit le nom de cette série concernant ces enfants oubliés de Georges et de Joséphine, elle n’a pas pu prendre sa place d’aînée parce que l’histoire orale de la famille l’avait tout simplement oubliée. Née le 4 juin 1896 à Saint-Casimir, elle est morte à La Patrie à l’âge de 18 ans, le 2 mars 1915, des suites de la méningite. Elle venait de commencer une carrière d’institutrice. Enterrée au cimetière de La Patrie, nos recherches préliminaires semblent indiquer que même les autorités du cimetière l’ont oubliée.
Nous découvrirons les cinq autres enfants oubliés de Georges et Joséphine au cours des mois de juillet et d’août alors que seront publiés les cinq derniers articles de cette série.
Élisabeth Cretel – Sa vie à Neuville
Deuxième article sur Élisabeth Cretel, une de nos trois Filles du Roy à avoir créé nos familles. Une fois s’être rendue à bon port – c’est le cas de le dire dans le port de Québec – Élisabeth prend rapidement la route de Neuville, tout près de Québec, où vous vous en doutez déjà, elle rencontrera notre premier ancêtre Nicolas Langlois. Ils se marièrent (très) rapidement pour avoir de (très) nombreux enfants.
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Pourquoi avoir dénigré les Filles du Roy ?
Quatrième article dans la série sur les Filles du Roy. Au total sur ce site, je prévois environ une dizaine d’articles consacrés à ce sujet au cours des prochains mois. Le sujet est important car chez les premières ancêtres de nos quatre familles. trois avaient une Fille du Roy à l’origine.
Si vous avez déjà entendu parler des Filles du Roy par le passé, ce n’était probablement pas en termes positifs. Méritaient-elles ce que l’on a dit à leur sujet, même après trois siècles ? Faisons un survol de ce qu’on en disait à l’époque et ce, des deux côtés de l’Atlantique.
J’ai beaucoup appris en effectuant mes recherches sur le sujet pour la rédaction des deux chapitres sur ces Filles du Roy, qui ont eu un impact important lors de la fondation de beaucoup de familles québécoises. J’en ai maintenant un portrait beaucoup plus nuancé que ce que certains d’entre vous ont probablement entendu à travers les années. La simple conclusion est qu’il ne faut pas écouter ceux qui ne savent pas.
Qui sont ces femmes qui ont laissé tout tomber pour aller commencer une nouvelle vie en Nouvelle-France alors que la rumeur indiquait clairement que la vie y est difficile et dangereuse?
Tout d’abord, attaquons-nous à la légende voulant que ces Filles du Roy n’étaient que des prostituées ou des ‘’filles de joie’’ qui ont été ‘’exportées’’ au Canada pour s’en débarrasser. Au contraire, l’historien québécois Jacques Lacoursière, qui a écrit ‘’L’histoire populaire du Québec’’ en cinq volumes qui totalisent près de 3,000 pages, conclut même que les Filles du Roy s’avèrent plus sages et plus instruites que les femmes de leur génération en France.
Danielle Pinsonneault qui a aussi écrit sur le sujet des Filles du Roy, relate dans un article daté de septembre 2016 pour la Fondation Lionel-Groulx que ces rumeurs seraient nées en France et provenaient surtout de la haute bourgeoisie de l’époque qui n’avait aucune sympathie particulière pour ces pauvres des classes populaires dont provenaient la grande majorité des Filles du Roy. Les juger de haut était bien vu. En revanche, il est vrai que le roi Louis XIV aurait envoyé dans les Antilles vers 1684 – soit 10 à 20 ans après l’époque des Filles du Roy – des ‘’femmes débauchées ou marquées au fer rouge’’. Cependant, peu de personnes à l’époque étaient capables de différencier l’Amérique du Canada de celle des Antilles, située à des milliers de kilomètres plus au sud. Ces deux événements non reliés ont donc contribué à perpétuer la confusion au fil des décennies.
Ces préjugés ont quand même continué à se propager bien que de nombreux responsables de l’époque et d’aujourd’hui ont fait leur possible pour contrer ces perceptions. On peut nommer l’Intendant Talon (photo de sa statue au Parlement de Québec), Monseigneur de Laval, Marie-de-l’Incarnation, les autorités religieuses ainsi que plusieurs historiens québécois de notre époque.

En guise d’exemple, prenons le cas de Pierre Boucher qui fut gouverneur de Trois-Rivières avant de fonder sa propre seigneurie et la ville de Boucherville qui porte aujourd’hui son nom. Il s’est porté à la défense des Filles du Roy – un peu naïvement il faut dire – à la suite des rumeurs persistantes propagées par un certain Baron de Lahontan :
‘’Il n’est pas vrai qu’il vient ici de ces sortes de filles, et ceux qui en parlent de cette façon se sont grandement mépris, et ils ont pris les îles de Saint-Christophe et de la Martinique pour la Nouvelle-France : s’il en vient ici, on ne les connaît pas pour tel, car avant de les embarquer, il faut qu’elles y aient quelques-uns de leurs parents ou amis qui assurent qu’elles ont toujours restées sages. Si par hasard, il s’en trouve quelques-unes de celles qui viennent, qui soient décriées, ou que pendant la traversée elles aient eu le malheur de se mal comporter, on les renvoie en France.’’
Deux facteurs militent objectivement en faveur d’une respectabilité plus noble de ces Filles du Roy. Le premier est celui du parrainage des religieuses qui les certifiaient comme des filles de bonnes mœurs. Pour dire les choses sèchement, la valeur de ces jeunes filles était essentiellement liée à leur utérus et à leur système reproducteur. Il fallait peupler la Nouvelle-France et vite. On disait qu’à l’époque, il n’y avait qu’une femme pour environ 14 hommes. Ce n’est pas avec un tel ratio que l’on peut imaginer accroître la population d’un territoire. Il fallait faire vite d’autant plus que certains hommes retournaient en France à défaut de pouvoir se marier et fonder une famille dans la nouvelle colonie.
Le processus de sélection faisait en sorte que l’on éliminait les candidates qui pouvaient se révéler des mauvaises ‘’brebis’’ pour le but recherché. Quant au second facteur, il est corollaire au premier et a trait aux résultats probants, c’est-à-dire au taux de fécondité incroyable des Filles du Roy, résultats qui sont incompatibles avec ces préjugés qui les réduisaient à des filles aux mœurs légères. Madame Pinsonneault y va encore plus directement :
‘’Ce sera la fécondité incroyable des Filles du Roy qui balaiera les dernières résistances. En effet, les connaissances médicales actuelles nous apprennent que si ces femmes avaient été des ‘’filles publiques’’, elles auraient été atteintes de maladies vénériennes qui rendaient les femmes stériles. Les antibiotiques n’étaient pas encore connus à l’époque, on ne pouvait les guérir. En mettant au monde 9, 12, 14 enfants ou plus, les Filles du Roy ont ainsi prouvé qu’elles étaient des ‘’femmes saines.’’
Basé sur ce seul argument, on peut avec assurance classer les trois Filles du Roy de notre famille dans cette catégorie de ‘’femmes saines’’. Au soir de leur vie en Amérique, nos trois ancêtres Filles du Roy pourront à elles seules mettre à leur actif rien de moins qu’un grand total de 29 enfants !!
On peut donc passer à autre chose…
La pauvreté était également une caractéristique importante pour la très grande majorité d’entre elles. Au-delà de 80% dit-on. Pour elles, commencer une nouvelle vie, même incertaine, était une façon d’espérer un demain meilleur comparé à leur situation actuelle en France et les perspectives futures qui les attendaient. L’Encyclopédie du patrimoine culturel de l’Amérique française, dans l’article ‘’Filles du Roi, mères de la nation québécoise’’, mentionne qu’après analyse sur les 176 Filles du Roi qui ont déclaré la profession du père, la plupart proviennent de milieux populaires. On mentionne généralement soit l’artisanat ou la paysannerie. Le même article mentionne d’autres aspects de leur condition sociale en France :
‘’Une autre caractéristique de ces Filles est qu’elles sont souvent orphelines : 56% le sont de père, 19% de mère et 11% des deux. Certaines ont déjà connaissance de la colonie, puisqu’une sur dix a déjà de la famille en Canada à son arrivée. Trente pour cent d’entre elles sont apparentées et voyagent donc ‘’en famille’’. A l’exception des Parisiennes qui sont plus scolarisées (à l’époque, les trois-quarts des Parisiens sont alphabétisés), seulement 20% des Filles sont en mesure de signer leur contrat de mariage.’’

Avant de raconter la traversée des trois Filles du Roy de nos quatre familles, je parlerai dans un prochain article du lien entre les Filles du Roy et l’Hôpital La Salpêtrière de Paris, dont on dit qu’environ le tiers du contingent total des 760 Filles du Roy répertoriés à ce jour originait de cette institution.
Source de la photo: Statue funéraire de Monseigneur de Laval à Québec (BAnQ).

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