L'histoire des Boulanger et des Langlois

En passant par les Paul et les Blais. De la Nouvelle-France à aujourd'hui.


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    Le cimetière oublié

    Un film – pour la première fois sur ce site – me donne l’occasion de revenir sur un récent article concernant la pierre tombale de mes arrière-arrière-grands-parents chez les Boulanger – Georges Boulanger et Délia Pratte – dans le cimetière des Saints-Anges de Ham-Nord.

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    Il y a quelques semaines, je publiais l’article La pierre tombale de Georges Boulanger et de Délia Pratte à Ham-Nord où je racontais l’histoire des différents cimetières de cette paroisse. Malgré le fait qu’une pierre tombale de cette génération de la famille Boulanger est bien située dans le cimetière de la paroisse des Saints-Anges de Ham-Nord, les corps de mon arrière-arrière-grand-père et de mon arrière-arrière-grand-mère n’y reposent probablement pas. L’article résume les résultats de ma petite enquête sur le sujet suite à une visite des lieux en juillet 2023.

    L’article faisait référence à d’autres paroisses du diocèse de Sherbrooke où des expériences semblables ont été vécues et ces situations ne seraient donc pas uniques.

    L’article faisait également référence à une autre situation de cimetière déplacé et dont la localisation des inhumés est maintenant incertaine de nos jours. Cette autre situation, durant la même période qui nous occupe dans la famille soit au début des années 1900, a eu comme théâtre la paroisse de Notre-Dame-de-Ham, située à peine quelques kilomètres de notre paroisse des Saints-Anges de Ham-Nord.

    Dans cet article, je faisais référence à un film, sorti en 2016, qui racontait cette histoire du cimetière de Notre-Dame-du-Ham.

    Le film est intitulé Le cimetière oublié et vaut la peine d’être vu. Suite à la publication de cet article vers la mi-juillet, je suis donc parti à la recherche de ce film et il se trouve qu’il est disponible tout simplement sur YouTube. Je crois qu’il vaut la peine de le partager à travers ce nouvel article et je vous incite fortement à le visionner. Le film a une durée de 46 minutes.

    Voici un extrait de mon article de la mi-juillet qui commentait également un autre article qui parlait de ce film lors de sa sortie en 2016. Voici un extrait de mon article :

     »J’en relate ici quelques extraits puisqu’il nous éclaire beaucoup sur les circonstances de leur propre déménagement et des façons de faire à l’époque. L’article fait justement référence au déménagement du cimetière de Ham-Nord où une usine serait assise sur l’un des deux anciens cimetières: le deuxième cimetière de nos ancêtres Georges et Délia puisque le premier est situé sur le terrain de l’église actuelle. Voici un extrait de cet article de 2016 concernant la situation du cimetière de Notre-Dame-de-Ham :

    En 1952, parce que les fossoyeurs butaient sur les tombes chaque fois qu’ils voulaient inhumer une dépouille, le curé d’alors obtenait de l’archevêque de Sherbrooke l’autorisation de déménager le cimetière là où il se trouve aujourd’hui en bordure de la route 160. Et déménager le cimetière signifiait alors déménager ses sépultures. C’est ce qu’ont dû faire les proches et les descendants de quelques 150 disparus. Les 350 corps restants (dont ceux de 280 enfants) n’ont pas été déplacés, encore enfouis aujourd’hui sous une plantation d’épinettes dans le 1er rang sud.

    Le déplacement s’est fait en quelques mois. Et s’il est resté tant de sépultures par la suite, c’est que bien des gens se refusaient à déterrer leurs morts. D’autres ne l’auraient tout simplement pas su. »

    Ces situations qui ont existé dans notre région, et probablement ailleurs également, font maintenant partie de notre histoire et de notre patrimoine collectif qu’il est utile de connaître et en faire même un devoir de mémoire, particulièrement lorsqu’elles impliquent également notre famille. C’est ce que Tante Jeanne avait fait en faisant installer une pierre tombale de ses grands-parents même s’ils ne sont vraisemblablement pas enterrés dans ce cimetière.

    Le film amène donc un contexte historique additionnel au-delà de l’histoire de notre famille et qui met parfaitement en relief les pratiques de l’époque.

    Bon visionnement!

    Film intitulé Le cimetière oublié de Frédéric Metthé, sorti en 2016.

    Voici la légende rattachée au film:

    En 1952, le diocèse de Sherbrooke a décrété que le cimetière de Notre-Dame-de-Ham devait être déménagé par les citoyens eux-mêmes. Plus de 150 corps ont été transférés et près de 350 sont restés dans ce lieu sacré. En 1959, ce qui restait du cimetière, abandonné et pillé de ses monuments et artéfacts, a été revendu et nivelé avec une pelleteuse pour en cultiver la terre.

    Ce film raconte l’histoire de ce drame, 64 ans plus tard à travers six témoignages tous aussi troublants les uns que les autres.

    Musique: La Nef (du début à 24min20 ) Louis Babin (24min20 à 36min51) et Frédéric Metthé (36min51 à la fin).

    Voici l’hyperlien à utiliser si vous voulez accéder au film directement à partir de votre propre compte YouTube. Alternativement, les mots-clés suivants devraient vous amener directement au film dans le moteur de recherche de YouTube: Frédéric Metthé – Le cimetière oublié

    Frédéric Metthé – Le cimetière oublié © 2016 – YouTube

    Pour plus de confort, regardez le film directement dans votre écran de télévision en utilisant vos outils habituels comme AirPlay ou Chromecast.

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    Les sept enfants de Georges Boulanger et de Délia Pratte – Wellesse Boulanger (III/III)

    Troisième et dernière partie de la série d’articles sur les sept enfants de Georges Boulanger et de Délia Pratte à Ham-Nord. Ce sont mes arrière-arrière-grands-parents chez les Boulanger. Père et mère de Wellesse Boulanger, mon arrière-grand-père. Ils sont enterrés dans le cimetière des Saints-Anges de Ham-Nord. Elle, morte en 1910. Lui, mort en 1923.

    Cette troisième partie poursuit ma recherche sur leurs sept enfants. La recherche n’a pas été des plus simples puisque la très grande majorité d’entre eux, sauf peut-être uniquement mon arrière-grand-père Wellesse, se sont faits américains et ont essentiellement fait leur vie en Nouvelle-Angleterre. Cette dernière partie nous parle du cadet de cette famille, Wellesse Boulanger, mon arrière-grand-père.

    Wellesse Boulanger

    Le cadet de la famille était donc mon arrière-grand-père Wellesse Boulanger. Né le 1 octobre 1884 et baptisé le 3 octobre selon les registres. Son séjour à Ham-Nord sera limité à son enfance et au début de leur mariage. Il mariera Rose-Anna Delina Paquet (ou Paquette car l’orthographe variera au cours de sa vie dans les registres officiels) le 13 mai 1907 à La Patrie. Au moment de leur mariage, Wellesse avait 22 ans et Rose-Anna en avait 19, étant née en avril 1888. Les parents de Rose-Anna venaient également de Ham-Nord. C’est d’ailleurs là que Rose-Anna est née. Son père était Stanislas Paquette fils (mort à Coaticook en 1921) et sa mère Olive Comtois (morte également à Coaticook deux ans plus tard en 1923).

    Cette famille Paquette venait de Saint-Nicolas, près de Québec lors de la génération précédente. Les parents de Rose-Anna vivaient donc à Ham-Nord au moment de sa naissance mais ils déménageront à Ditton (qui fusionnera officiellement avec La Patrie en 1997). Le recensement canadien de 1901 les positionne dans cette petite région en voie de colonisation près de la frontière américaine alors qu’elle était adolescente à l’âge de 13 ans.

    Acte de mariage de Wellesse Boulanger et de Rose-Anna Paquette le 13 mai 1907 dans la paroisse Saint-Pierre de La Patrie.

    Même si le mariage a eu lieu à La Patrie, le couple ne s’y installe pas tout de suite. C’est en suivant la naissance de leurs onze enfants que l’on pourra déceler le moment de ce déménagement, soit entre la naissance de Léopold en mai 1911 à Ham-Nord et celle de Laurier à La Patrie en 1912.

    Les premiers enfants du couple

    Omer – mon grand-père – était donc l’aîné de la famille, né dès l’année suivant le mariage, soit le 25 avril 1908. On peut voir ci-dessous son acte de baptême tiré des registres de la paroisse des Saints-Anges de Ham-Nord. Les grands-parents d’Omer – Georges Boulanger et Délia Pratte sont parrain et marraine. Wellesse y est déjà cultivateur, tout comme son père Georges.

    Acte de baptême d’Omer Boulanger le 25 avril 1908, né le même jour.

    Suivra ensuite Rose-Alma le 13 avril 1909 toujours à Ham-Nord. Elle deviendra religieuse.

    Impressionnante photo. Soeur Rosa-Alma Boulanger, au début des années 1930, religieuse chez les Soeurs de la charité, tout comme sa soeur cadette, Soeur Jeanne. Source: Archives personnelles de Jeanne Boulanger.

    Léopold Boulanger sera le troisième de la famille en naissant le 3 mai 1911, le dernier à naître à Ham-Nord. Suivant le déménagement à La Patrie, quelque part donc entre mai 1911 et décembre 1912, Laurier y naîtra comme ses autres frères et soeurs qui suivront ensuite. Laurier René naîtra le 17 décembre 1912. Suivra ensuite Élianne le 17 septembre 1914 qui deviendra également religieuse.

    Adalbert et Adrien

    Deux autres naissances ont ensuite laissé peu de traces. Tout d’abord Adalbert, né le 14 septembre 1916 mais décédé en bas âge, le 7 juin 1918 à l’âge de 21 mois.

    Acte de sépulture d’Adalbert Boulanger, fils de Wellesse et de Rose-Anna, décédé le 7 juin 1918. Inhumé au cimetière Saint-Pierre de La Patrie, comme la pierre tombale de la famille plus bas le confirmera.

    La deuxième naissance à avoir laissé peu de traces sera celle d’Adrien, né le 3 septembre 1919 et décédé le 19 février 1921, à l’âge de 18 mois comme le relate son acte de décès dans les registres de la paroisse de La Patrie. Il est aussi inhumé dans le lot familial du cimetière local.

    J’inclus ici son acte de baptême puisqu’il y a confusion quant à l’année de sa naissance. Les bases de données de Généalogie du Québec et d’Amérique française indiquent une naissance le 3 septembre 1918, information reprise dans l’encadrement-souvenir de la famille Boulanger que Jeanne avait offert à tout le monde quelques années avant de mourir. Cette même information est reprise également sur la pierre tombale de la famille comme on pourra le voir plus bas. Or, quand j’ai consulté son acte de sépulture daté de février 1921, on indique qu’il est décédé à l’âge de 18 mois, ce qui n’est pas logique en fonction d’une date de naissance en 1918. Je suis donc retourné à la source et son acte de baptême reproduit juste ci-bas provient des registres de 1919 de la paroisse, et non ceux de 1918. Il est donc né le 3 septembre 1919 et décédé à l’âge de 18 mois, le 19 février 1921.

    Acte de baptême d’Adrien Boulanger, né en 1919 et décédé à l’âge de 18 mois, le 19 février 1921.

    Parmi les personnes vivantes encore aujourd’hui, il ne reste aucun souvenir passé d’une génération à l’autre qui pourrait nous guider sur la cause de décès en bas âge d’Adalbert et d’Adrien. Par contre, comme je l’ai déjà expliqué chez les Langlois qui avaient vu six enfants mourir en bas âge dans une même famille au début du 20e siècle, soit exactement à la même époque, le taux de mortalité infantile durant ces années avait atteint des sommets inquiétants, plus importants encore à Montréal et à Québec mais pas dans les mêmes proportions dans les régions ou dans les zones rurales bien que le phénomène restait important quand même.

    La cause principale de ces décès était souvent attribuée à des conditions d’hygiène insuffisantes, particulièrement au niveau de la consommation de l’eau et de lait. La pasteurisation du lait suivra graduellement peu après et contribuera à une amélioration des conditions sanitaires et une diminution importante des taux de mortalités chez les jeunes enfants. On ne fait que spéculer ici pour la famille Boulanger mais cette situation pourrait expliquer ces décès prématurés car c’était un phénomène courant dans beaucoup de familles durant cette période. Il faut noter également que dans le cas d’Adalbert, sa mort est survenue en 1918 au plus fort de la grippe espagnole qui avait fait des ravages partout dans le monde au sortir de la première guerre mondiale, et la région des Cantons-de-l’Est n’avait pas été épargnée.

    En l’absence de toute information probante à ce sujet, les gens dans la famille mentionnent souvent la grippe espagnole pour expliquer potentiellement ces deux décès. Par contre, en analysant plus attentivement l’évolution de cette crise sanitaire mondiale, il est peu probable que la grippe espagnole ait été la cause du décès d’Adalbert ou d’Adrien.

    Adalbert est décédé en juin 1918. Or, l’épidémie n’atteint l’Europe en s’y répandant très rapidement uniquement en octobre de la même année et est passée du stage d’épidémie à pandémie plus tard le même mois. De ce côté-ci de l’Atlantique, les premiers cas sont signalés dans la région de Boston seulement aux environs du 15 septembre. Une progression très rapide suivra… mais Adalbert est déjà mort depuis presque 4 mois.

    Tout comme la récente Covid, le virus a ensuite effectué différentes mutations mais la période de pandémie proprement dite a été relativement courte pour se terminer vers l’été 1919. Le virus a graduellement muté ensuite vers une forme beaucoup moins virulente, de plus en plus associée à la grippe saisonnière. Une fois terminée, la grippe espagnole aurait fait plus de 50 millions de morts à travers le monde, dont la moitié uniquement en Inde et en Chine. Certains parlent même jusqu’à 100 millions. On parle donc de 2.5% à 5% de la population mondiale de l’époque, dépendant si on prend le bas ou le haut de cette fourchette d’estimations.

    On en vient donc à Adrien. Il est mort en février 1921. En consultant le site Wikipédia, on note que la pandémie s’est éteinte dans la deuxième moitié de 1919 et que les derniers cas sporadiques de la maladie auraient été répertoriés en Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique en juillet 1921. Il est donc peu probable qu’Adrien soit mort de la grippe espagnole.

    Les derniers enfants du couple

    Suivront ensuite trois filles qui deviendront elles aussi religieuses durant leur vie adulte – Madeleine, née le 15 août 1921, Jeanne, née le 11 avril 1923, et Lorraine, née le 19 juillet 1925.

    Finalement, Colette deviendra la cadette de cette fratrie de 11 enfants en naissant le 27 avril 1932. À noter que sa mère Rose-Anna avait donc 44 ans au moment de la naissance de son dernier enfant.

    Un survol rapide de cette génération

    Le couple vivra ensuite à La Patrie toute leur vie jusqu’à leur décès. Lui le 17 décembre 1951, à l’âge de 67 ans et elle le 3 mars 1983, à l’âge vénérable de 94 ans. Ils sont tous les deux enterrés dans le cimetière Saint-Pierre de La Patrie. Ils auraient donc eu 11 enfants, dont deux morts en bas âge, Adalbert en 1918 et Adrien en 1921. Cinq des six filles du couple seront religieuses – toutes sauf Colette.

    Mon arrière-grand-père Wellesse Boulanger au début du 20e siècle, probablement autour de l’année de son mariage en 1907 alors qu’il avait 22 ans.

    Contrairement à ses frères et soeurs, Wellesse n’a pas été tenté par l’aventure américaine. Rien ne l’indique du moins. De Ham-Nord à La Patrie, il y a passé le reste de sa vie, de 1911-1912 jusqu’à sa mort en 1951. Selon mon père Camille, non seulement il a bénéficié d’une terre à La Patrie au début de la colonisation de ce coin de pays – celle que la famille se rappelle – mais il en aurait eu une deuxième, puisque celle où vivait la famille de Laurier, fils de Wellesse et frère de mon grand-père Omer, appartenait aussi à Wellesse de son vivant. Mon père parle même d’une troisième terre, un boisé situé près de la terre familiale, si j’ai bien compris. À explorer plus tard.

    La famille de Wellesse Boulanger et de Rose-Anna Paquet(te) au grand complet. On situe cette photo peu de temps avant le décès de Wellesse en 1951. De gauche à droite: Soeur Rose-Alma, Soeur Élianne, Omer, Rose-Anna Paquette, Soeur Lorraine, Wellesse Boulanger, Colette, Laurier, Soeur Madeleine, Léopold et Soeur Jeanne. Source: Archives de Jeanne Boulanger.

    Exception faite d’Adrien et d’Adalbert qui sont tous les deux décédés en très bas âge autour des années 1920, Omer fut le suivant à mourir parmi les frères et soeurs. Il meurt relativement jeune le 15 août 1959, à l’âge de 51 ans.

    Plus de 25 ans plus tard, Soeur Madeleine sera la prochaine à mourir le 12 septembre 1985 à seulement 64 ans, suivi par Léopold le 23 septembre 1992. Suivront ensuite, l’une après l’autre, Soeur Rosa-Alma et Élianne qui sont tous deux mortes à quelques jours d’intervalle, soit respectivement les 5 et 15 décembre 1994, toutes deux mortes octogénaires. Quant à lui, Laurier décédera le 12 février 2002, à l’âge de 89 ans.

    Plus récemment au cours de la dernière décennie, les dernières filles de cette famille mouront à leur tour: Lorraine, le 14 mai 2015 à l’âge de 89 ans, Jeanne le 3 avril 2017 à l’âge de 93 ans et finalement la cadette Colette, qui elle aussi était devenue américaine, sera la dernière à clore l’histoire de cette famille en mourant le 25 octobre 2018, à l’âge de 86 ans.

    Je crois que personne n’a vu cette pierre tombale ci-dessous. Il s’agit de la pierre tombale commémorative où apparaît Soeur Lorraine Boulanger dans le cimetière Saint-Antoine-de-Padoue à Longueuil, cimetière de la communauté des Saints Noms de Jésus et de Marie (SNJM) à laquelle elle a appartenu toute sa vie d’adulte pendant 66 ans de vie religieuse, à partir du début des années 1950. On pourra voir son nom dans la troisième colonne, quatrième nom à partir du haut avec les années 1925-2015 à droite de son nom.

    À noter que Soeur Madeleine qui appartenait à la même communauté religieuse que Soeur Lorraine est inhumée dans le même cimetière de Longueuil. Sa pierre commémorative est celle où apparaissent les décès de 1984 et de 1985. On peut voir son nom dans la dernière colonne, 8e nom à partir du haut où on indique: Sr M. -Jeanne-des-Lys, Madeleine Boulanger, 1921-1985.

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    Pierre tombale du lot familial de Wellesse Boulanger et de Rosa-Anna Paquette dans le cimetière de la paroisse Saint-Pierre à La Patrie.

    Étant mon arrière-grand-père dans la descendance directe, j’aurai l’occasion de fouiller davantage la famille de Wellesse Boulanger et de Rose-Anna Paquette et leur descendance dans un autre chapitre du livre à venir sur les Boulanger.

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    La majorité des informations concernant les sept enfants de Georges et de Délia proviennent des bases de données du site américain Ancestry. Étant donné que la majorité de ces enfants ont eu une vie américaine, les bases de données québécoises sont incomplètes et donc, peu utiles.

    Interrogé au sujet de cette famille, mon père âgé de 92 ans n’a absolument aucun souvenir de ces frères et soeurs de son grand-père Wellesse. Mon père étant né en 1931 et Wellesse étant décédé en 1951, rien dans les discussions familiales laissaient entendre l’existence de grands-oncles ou de grandes-tantes dans les environs, ou encore au Québec ou ailleurs. À l’exception des informations concernant son grand-père Wellesse, toutes les informations retracées au cours des dernières semaines à travers les trois articles que j’ai publié sur ce site lui étaient inconnues jusqu’à aujourd’hui.

    On peut donc présumer que ces familles qui ont émigré vers la Nouvelle-Angleterre à la fin du 19e et au début du 20e siècle, s’y sont bien implantées et que les liens avec Wellesse, qui était le seul au Québec après la mort de leur mère en 1910 et celle de leur père en 1923, étaient rares. Peut-être que la génération qui a précédé celle de mon père – celle des cinq soeurs de mon grand-père Omer qui sont devenues religieuses – auraient pu nous en dire davantage si elles étaient encore vivantes.

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    Les sept enfants de Georges Boulanger et de Délia Pratte – Emma Boulanger (II/III)

    Deuxième partie et suite de l’article précédent sur les sept enfants de Georges Boulanger et de Délia Pratte à Ham-Nord. Ce sont mes arrière-arrière-grands-parents chez les Boulanger. Père et mère de Wellesse Boulanger, mon arrière-grand-père. Ils sont enterrés dans le cimetière des Saints-Anges de Ham-Nord. Elle, morte en 1910. Lui, mort en 1923.

    Cette deuxième partie poursuit ma recherche sur leurs sept enfants. La recherche n’a pas été des plus simples puisque la très grande majorité d’entre eux, sauf peut-être uniquement mon arrière-grand-père Wellesse, se sont faits américains et ont essentiellement fait leur vie en Nouvelle-Angleterre. Cette deuxième partie nous parle d’Emma Boulanger, avant-dernière de cette famille. La prochaine et dernière partie qui suivra dans quelques jours couvrira le cadet, mon arrière-grand-père Wellesse Boulanger et sa famille immédiate.

    Emma Boulanger

    Emma Boulanger est l’avant-dernière de la famille. Elle est née le 30 janvier 1881 selon l’acte de baptême de la paroisse des Saints-Anges de Ham-Nord. Sa mère Délia a maintenant 39 ans.

    Elle marie un certain Jean Côté en 1899, à l’âge de 18 ans à Ham-Nord. Lui, était né américain en avril 1878 dans l’État du Maine mais il s’établira dans la région de Richmond. C’est là qu’on le retrouve lors du recensement canadien de 1891 alors qu’il a 13 ans. Cette famille au sens large gardera des racines québécoises même si leurs racines américaines semblent plus importantes. Par exemple, le père de Jean – Damase Côté – né en 1837 à Saint-François-du-Lac est mort à Ham-Nord à l’âge de 65 ans au terme de sa vie en 1902. Même chose pour sa mère Rosalie Marier, morte à Ham-Nord également en février 1918 à l’âge de 74 ans.

    Le couple aurait eu rien de moins que 14 enfants, tous nés au Canada sur une période de 17 ans, à partir de 1902 jusqu’en 1919. Cette dernière naissance en 1919 correspond à l’année de leur arrivée aux États-Unis dans le Maine, à Biddeford.

    Acte de baptême d’Emma Boulanger à Ham-Nord en janvier 1881.

    Acte de mariage dans les registres de la paroisse des Saints-Anges d’Ham-Nord entre Emma Boulanger et de Jean-Baptiste (dit Johnny) Côté, le 3 juillet 1899 alors qu’elle était mineure à 18 ans.

    Prenons le temps d’énumérer les enfants du couple même si la liste est longue: Marie Anaise Eva (1902), Lucien (1902), Aurore (1903), Ernestine Laura (1904), Annette Marie Ange (1905), Edmond Adolphe (1906), Laurette Rose Anna (1908) et Marie Rose Élianne (1910). À ce moment de sa vie, sa mère Délia Pratte décède alors que la famille Boulanger-Côté est toujours à Ham-Nord. Suivent ensuite la naissance de Marie Jeanne (1912), de Gérard (1913), d’Adrienne (1914), d’Albert (1916), de Georgeann (1917) et finalement Anita Bertha (1919). Tous nés à Ham-Nord. Leur départ vers Biddeford suit quelque temps plus tard durant la même année 1919.

    Même sur le site international Ancestry, on possède peu d’informations sur la très vaste majorité de ces enfants au-delà de leur naissance et baptême à Ham-Nord. Seulement trois des quatorze enfants ont une date de décès. L’aînée Marie Anaise Éva, morte à Saco, Maine en 1974, Aurore en 1929 comme on le verra dans quelques paragraphes, et finalement la cadette Anita Bertha, morte à Salem au New Hampshire en 1997.

    Voici une photo retracée sur le site Ancestry et ajoutée au site par la famille d’Emma Boulanger. Je n’ai pu identifier l’homme à gauche (probablement son mari Jean Côté ou le beau-père d’Emma chez les Côté), mais il s’agirait d’Emma Boulanger au centre de la photo – qui semble partager des airs de famille avec la photo déjà décrite dans le premier volet de cet article en parlant de sa grande soeur Exilia.

    La photo ci-bas est datée de février 1929. À droite, il s’agit d’Aurore (la 3e enfant du couple et fille d’Emma, née comme on vient de le voir en 1903), et sa propre fille Thérèse, née en 1928, alors âgée de 4 mois sur la photo. Toutes le deux devaient mourir dans les semaines suivantes: d’abord la petite Thérèse en avril 1929 à l’âge de 6 mois et ensuite sa mère Aurore le 18 juin 1929, à l’âge de 26 ans.

    Jean va mourir à Biddeford, Maine en 1953 à l’âge de 75 ans et Emma suivra peu après en novembre 1955, à peine quelques années après le décès de son frère Wellesse, mon arrière-grand-père. Leur mariage aura duré 54 ans. On pourra voir à la toute fin de l’article la photo de leur pierre tombale.

    Petit monde où les Paul et les Janelle rencontrent les Boulanger

    Je voudrais terminer cet article avec une découverte accessoire mais quand même intéressante, voire surprenante, en examinant attentivement la vie d’Emma Boulanger.

    Comme on l’a vu, Emma Boulanger avait marié Jean Côté. On le retrouve dans les bases de données généalogiques sous John-Johnny-Jean Côté et on comprendra rapidement pourquoi.

    Alors, qui était ce Jean Côté ? Comme on l’a vu, il était le fils de Damase Côté et de Rosalie Marier, qui se sont mariés à Drummonville en 1862. Les Marier et Drummondville devraient sonner une cloche dans notre famille chez les Paul, comme je l’ai déjà documenté dans le livre à venir sur les familles Paul et Janelle.

    Qui était Rosalie Marier ? Elle était effectivement la fille de Louis-Joseph Marier et d’Esther Pelletier. Et plus précisément, la soeur aînée de Hermine Marier, la grand-mère de ma grand-mère maternelle, Gertrude Paul. Esther Pelletier est donc mon arrière-arrière-arrière-grand-mère chez les Paul… qui se retrouve donc chez les Boulanger par alliances éloignées.

    La même famille Marier de Drummondville dont je parlerai longuement dans mes récits sur la famille Paul.

    Donc, voici la famille Paul qui rencontre la famille Boulanger, encore bien loin de La Patrie, et quelques décennies plus tôt. Surprenant quand même!

    Pour les rares qui ont déjà lu – en avant-première – les chapitres de l’ascendance matrilinéaire ou utérine de ma grand-mère Gertrude, ils sont déjà familiers avec cette famille Marier et plus particulièrement avec Hermine Marier et sa mère Esther Pelletier. Ma mère et ses soeurs en ont d’ailleurs encore des souvenirs tangibles provenant de leur enfance.

    Disons simplement que cette partie de la famille à ce moment précis de leur histoire – fin 19e siècle et début du 20e – était au centre de l’exil d’une partie des familles Marier et Janelle vers Biddeford, Maine. Chez ma mère et ses soeurs, leur tante Imelda Paul et leur oncle Jean-Baptiste – respectivement soeur et frère de grand-mère Gertrude – y sont d’ailleurs enterrés. Leurs familles respectives ne sont jamais revenus au Canada et elles sont devenues américaines durant la première moitié du 20e siècle.

    Or, Emma Boulanger de Ham-Nord unira sa vie avec la famille Marier en mariant Jean Côté le 3 juillet 1899. Cela ne surprendra personne du côté maternel de nos familles d’apprendre aujourd’hui qu’Emma Boulanger, s’exilera avec son époux vers… Biddeford, Maine. Ils auraient eu 14 enfants – 10 filles et 4 garçons, tous nés au Québec. On les retrouve donc tous à Biddeford à partir de 1919. C’est aussi là qu’on retrouve la famille lors des recensements américains de 1920, de 1930, de 1940 ainsi que celui de 1950.

    Emma Boulanger Côté, en février 1929 à Biddeford, Maine. Source: Ancestry.

    Emma est morte en 1955 à l’âge de 74 ans alors que son mari John-Johnny-Jean l’avait déjà devancé en 1953, à l’âge de 75 ans.

    J’ai pu retracer leur pierre tombale. Ils sont tous les deux enterrés dans le Cemetery Saint-Joseph de Biddeford, le même cimetière où repose l’oncle de ma mère et de mes tantes, Jean-Baptiste Paul, frère de ma grand-mère Gertrude Paul, qui a également passé une bonne partie de sa vie à Biddeford.

    On notera sur la photo, l’erreur que les généalogistes ont déjà décelé sur la pierre tombale. Ses origines Boulanger sont devenues Bélanger. Il nous en faudra davantage pour nous égarer dans les dédales de l’histoire.

    Pierre tombale d’Emma Boulanger et de son époux Jean (Johnny) Côté à Biddeford, Maine… et l’enfant Thérèse, morte à l’âge de 6 mois en 1929.

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    Les sept enfants de Georges Boulanger et de Délia Pratte (I/III)

    Deuxième partie et suite de l’article précédent sur la pierre tombale de Georges Boulanger et de Délia Pratte à Ham-Nord. Ce sont mes arrière-arrière-grands-parents chez les Boulanger. Père et mère de Wellesse Boulanger, mon arrière-grand-père. Ils sont enterrés dans le cimetière des Saints-Anges de Ham-Nord. Elle, morte en 1910. Lui, mort en 1923.

    Cette deuxième partie sera présentée en trois volets et part à la recherche de leurs sept enfants. La recherche n’a pas été des plus simples puisque la très grande majorité d’entre eux, sauf peut-être uniquement mon arrière-grand-père Wellesse, se sont faits américains et ont essentiellement fait leur vie en Nouvelle-Angleterre. Voici le premier volet de cet article sur les sept enfants de ce couple. Il couvre leurs cinq premiers enfants.

    À la recherche des enfants de mes arrière-arrière-grands-parents Boulanger

    Un examen de tous les registres de la paroisse des Saints-Anges de Ham-Nord n’aura pas suffi pour mettre un peu d’ordre dans la progéniture complète du couple. Je ne raconterai pas ici toutes les recherches qui ont été nécessaires pour recouper différentes informations mais je crois que j’ai finalement cerné cette famille bien que beaucoup de travail additionnel serait encore nécessaire pour accumuler davantage de détails pour pouvoir faire un portrait plus adéquat de cette génération pour les fins du livre.

    Le travail s’est compliqué davantage lorsque j’ai réalisé que la vaste majorité des sept enfants ont rapidement pris le chemin des États-Unis au début de leur vie adulte. C’est souvent l’explication lorsque vous semblez être à court d’informations et n’avoir qu’un portrait partiel en ne consultant que des sources généalogiques québécoises de cette époque. Ici, c’est le site international Ancestry qui a ouvert toutes grandes les portes avec d’autres pans d’informations pour mieux comprendre le reste de l’histoire de ces familles.

    Suite à mes recherches, le couple Georges Boulanger et Délia Pratte aurait donc eu sept enfants, soit 3 fils et 4 filles. À l’aide de ces recherches des dernières semaines, on peut déjà mieux cerner les grandes lignes de leurs histoires respectives.

    Joseph Ouelle Welly Boulanger

    Joseph Ouelle, dit Welly, Boulanger était l’aîné de cette famille et est né le 25 mai 1872, soit l’année suivant le mariage du couple. Il prendra la route de Haverhill, Massachusetts très tôt où il mariera Louisa Rival Bellerose en mai 1897. On aurait noté une première arrivée temporaire aux États-Unis dès 1889 et une autre l’année suivante, mais selon le recensement de 1891, alors qu’il était encore adolescent, il résidait toujours au Québec. Cependant, c’est lui qui est à l’origine de cet exode familial en Nouvelle-Angleterre qui affectera tout le monde, sauf les parents Georges et Délia et mon arrière-arrière-grand-père Wellesse qui ira plutôt s’établir à La Patrie puisqu’une terre l’attendra.

    Quant à son épouse Louisa, elle était déjà américaine au moment de sa naissance en novembre 1873. Elle est née à Lawrence, Massachusetts. Son père était Joseph Rival Bellerose et sa mère Elmire Jacques.

    Le couple qui s’est marié à Haverhill aurait eu seulement deux enfants – Leo Welly né en janvier 1898 et Ernest William né en mars 1899. Tous les deux sont nés à Haverhill. Ils ont passé toute leur vie en Nouvelle-Angleterre. Dans les registres, on trouve une trace du couple à Manchester, N.H. lors du recensement de 1930, ville située à quelques dizaines de kilomètres plus au nord, mais ils seraient retournés à Haverhill ensuite, où on retrouve leur trace de 1935 jusqu’à leur mort. Il est mort en avril 1944, à l’âge de 71 ans et est enterré à Haverhill. Louisa a suivi peu de temps après, en 1945. Elle avait 72 ans. Leur mariage a donc duré 47 ans.

    Acte de baptême de Joseph Ouelle Boulanger, né le 25 mars 1872 à Ham-Nord au Québec.

    Bien que difficile à lire, il s’agit de la pierre tombale du couple Ouelle Boulanger et Louisa Rival Bellerose dans un cimetière de Haverhill, Essex County, Massachusetts. Il est décédé le 11 avril 1944.

    Mélanda Boulanger

    Mélanda Boulanger est née dès l’année suivante, le 11 décembre 1873, toujours à Ham-Nord. Elle aussi prendra rapidement le chemin du Massachusetts, toujours à Haverhill, où elle mariera Napoléon Alfred Gauthier le 18 septembre 1892, à l’âge de 18 ans. C’est autour de cette date que l’on note l’arrivée de Mélanda aux États-Unis.

    Lui est né au Québec, à Saint-Paul-de-Chester, tout près de Ham-Nord. Mais dès l’année suivante alors que Napoléon Alfred n’a qu’un an, la famille commence leurs allers-retours en Nouvelle-Angleterre. Sa mère Philomène Pratte va mourir rapidement en 1881, à l’âge de 33 ans, alors que Napoléon Alfred est encore un jeune adolescent.

    Le couple aurait eu 9 enfants sur une période de 19 ans entre 1893 et 1912.

    Le site Ancestry mentionne que la plupart de leurs enfants seraient quand même nés au Québec, à Saint-Paul de Chester, tout près de Ham-Nord, lieu de naissance de sa mère Délia Pratte. On note donc les huit premiers enfants nés au Québec entre 1893 et 1906 – Blanche en 1893, Ernest Arthur en 1894, Olina Eva en 1897, Aldo Wilfrid en 1898, Rosa Agenor en 1899, Marie Leda Yvonne née le 4 décembre 1900 et baptisée le 6, mais décédée le 8 et inhumée le 9 décembre de la même année, Eva Marie en 1902, Marie Gilberte Beatrice en 1904. À partir de 1906, les registres indiquent une appartenance à la communauté de Haverhill, Mass. Leur aînée Blanche y meurt à l’âge de 16 ans en 1910 et leur dernier fils – Richard, y naît en novembre 1912. Les recensements subséquents placera cette famille toujours à Haverhill.

    Toujours triste de voir l’entrée dans un registre paroissial de la naissance d’un enfant suivie immédiatement de son décès. Courte vie de 5 jours de Marie Leda Yvonne, fille de Mélanda Boulanger, née le 4 décembre et inhumée le 9 du même mois en 1900.

    Sauf Marie Leda Yvonne morte à la naissance et l’aînée Blanche morte de la tuberculose, tous les autres enfants on eu une vie adulte habituelle, la plupart étant morts durant leur cinquantaine ou leur soixantaine.

    L’occupation du mari semble variée dans les registres, d’un baptême à un autre. On le dit, propriétaire de moulin à scie en 1897, de mécanicien l’année suivante en 1898 et ensuite cultivateur en 1899. Cette situation était probablement fréquente à l’époque où les gens n’avaient pas beaucoup d’éducation et s’ils n’avaient pas de terres, se promenaient d’un boulot à l’autre, y compris traverser aux États-Unis si nécessaire lorsque l’avenir y semblait plus prometteur.

    Acte de baptême de Mélanda Boulanger, née le 11 décembre 1873 et baptisée le lendemain 12 décembre à Ham-Nord, fille de Georges Boulanger et Délia Pratte de cette paroisse.

    Liste des mariages en septembre 1892 à Haverhill, Mass.. Le couple Mélanda Boulanger et Napoléon Alfred Gauthier apparaît au numéro 240 vers le milieu de la photo.

    L’acte de décès ci-haut, daté de juin 1910, situe bien le couple à Haverhill à cette époque. Leur aînée Blanche y meurt de la tuberculose pulmonaire. Leur origine canadienne, leur adresse à Haverhill et les dates y sont bien indiquées.

    Quant à elle, Mélanda serait décédée à Haverhill le 22 octobre 1946, à l’âge de 72 ans. Mélanda Boulanger Gauthier est enterrée au Saint-Joseph’s Cemetary de Haverhill au Massachusetts. Son époux serait également décédé à Haverhill mais sa date de décès n’est pas rapportée dans Ancestry.

    Haverhill, Massachusetts

    On commence déjà à voir apparaître une tendance. Un intérêt pour les États-Unis, et plus particulièrement pour Haverhill, dans l’État du Massachusetts. Haverhill semble donc représenter le destin de cette famille québécoise, comme attiré par l’aimant américain, ce qui était courant à l’époque.

    On dit qu’environ 900,000 Canadiens-français ont quitté le Canada pour des raisons économiques et se sont établis en Nouvelle-Angleterre au 19e siècle et au début du 20e siècle, ce qui était énorme si on considère qu’il n’y avait que 1.6 million d’habitants au Québec en 1901.

    Cette vague aurait pris fin en grande partie avec la grande dépression des années 1930, À l’époque de cette génération, plus de 200,000 Canadiens-français avaient aussi traversé la frontière, uniquement dans les années 1880 et 1890 au moment où nos ancêtres l’on fait.

    Pourquoi Haverhill ? Probablement, sa situation géographique l’expliquerait en partie. Située à la frontière de l’État, limitrophe à l’État du New Hampshire, elle se présente sur la carte entre Manchester, N.H. et Boston, Mass. À mi-chemin entre les deux, Manchester étant à environ une quarantaine de kilomètres plus au nord et Boston à environ une cinquantaine de kilomètres plus au sud… et à environ vingt-cinq kilomètres de l’océan Atlantique où les plages sont attirantes. Biddeford, Maine est située sur la côte un peu plus au nord et comme des ancêtres de la famille Paul du côté de ma mère, c’est également la direction que prendra une des enfants de Georges et Délia, Emma Boulanger, la sixième enfant du couple. On le verra plus tard.

    Carte du nord-est des États-Unis. On peut voir Haverhill, au centre de la photo, ainsi que Manchester, N.H., en haut à gauche ainsi que Biddeford, Maine, en haut à droite. Tous des endroits où certains de nos ancêtres ont tenté l’aventure américaine au 19e et 20e siècle.

    Haverhill, Massachusetts vers 1875.

    Uniquement en l’espace de 60 ans, la population de Haverhill s’était multipliée par 5 en passant de 10,000 en 1860 à 54,000 en 1920 au plus fort de cette immigration provenant du Canada français. De nos jours, la population totale se stabilise autour de 70,000 habitants, 100 ans plus tard. C’est donc dire que l’afflux extérieur a été significatif à l’époque. La ville attirait non seulement les Canadiens-français mais également l’immigration italienne, irlandaise et celle provenant d’autres pays européens.

    Ce sont surtout les moulins qui constituaient un attrait économique important. Un important incendie a d’ailleurs détruit en février 1882 une bonne partie de la section de la ville qui abritait ces moulins. Selon le site Wikipédia, The New York Times avait rapporté à l’époque que 300 commerces avaient été détruits au cours de cet incendie.

    Annabella Amanda Boulanger

    La troisième enfant de cette fratrie était Annabella Amanda Boulanger, née le 6 mars 1875 à Saint-Paul-de-Chester, près de Ham-Nord, qui était la paroisse d’origine de Délia et le lieu du mariage du couple. On note pour la première fois son arrivée aux États-Unis en 1891 mais elle semble avoir marié Louis Joseph Bernier dans la paroisse Saint-Patrice de Tingwick en avril 1902.

    Son acte de mariage de 1902 à Tingwick au Québec la situe déjà résidente de Haverhill, Massachusetts. Quant à lui, on le dit cultivateur. Au recensement américain de 1910, on les retrouve aussi à Haverhill, Massachusetts.

    Leur décès reste encore à clarifier. La source américaine consultée n’indique aucun enfant issu du couple et les dates de décès restent inconnues.

    Acte de baptême d’Annabella Amanda Boulanger le 11 mars 1875 à Saint-Paul-de-Chester, au nord de Ham-Nord.

    Guillaume Boulanger

    Il y a encore davantage de mystères quant à la vie de Guillaume Boulanger, le prochain enfant dans cette fratrie. Il serait né le 16 décembre 1876, toujours à Ham-Nord, selon le registre de la paroisse des Saints-Anges de Ham-Nord (entrée B-63).

    Selon une source familiale – Soeur Lorraine pour ne pas la nommer et qui avait fait des recherches généalogiques utiles mais incomplètes sur cette famille – elle réfère plutôt à William, bien que l’acte de baptême ci-dessous qui utilise les mêmes dates soit clair. Il s’agit de Guillaume, sans même un deuxième prénom qui pourrait expliquer la confusion. Né le 16 décembre et baptisé le 19 décembre 1876.

    On le dit en vie lors du recensement de 1891 mais il disparaît ensuite. Il n’existe pas d’autre information à son sujet par la suite. La date et le lieu du décès demeurent également inconnus. Un mystère entoure donc le reste de sa vie. Pas de trace d’un mariage non plus. Serait-il mort jeune après 1891 alors qu’il était alors adolescent ? Contrairement à ses grands frères et soeurs jusqu’alors, serait-il resté au Québec ? Je n’ai pas encore trouvé d’autres indices pour pousser plus loin l’histoire de sa vie.

    Acte de baptême de Guillaume Boulanger, né le 16 décembre 1876 à Ham-Nord.

    Exilia Boulanger

    Un peu plus de deux ans suivant la naissance de Guillaume, Marie Exilia Boulanger – bien que l’orthographe varie selon les sources – naît à son tour, le 21 mars 1879, toujours à Ham-Nord au moment où Délia a 37 ans avec deux autres enfants encore à naître. Elle sera baptisée le 23 du même mois comme en fait foi son acte de baptême ci-dessous.

    Acte de baptême de ce qui semble être Elzélia Boulanger selon l’écriture du célébrant, née le 21 mars 1879 et baptisée le 23 du même mois à Ham-Nord. Le site Ancestry, sous les mêmes dates, l’immortalise sous le prénom de Exilia.

    Exilia aurait marié un dénommé Alexandre Joseph Gaudet le 25 août 1896 à Ham-Nord alors qu’elle n’a que 17 ans. Lui était américain de naissance, étant né à Berlin, New Hampshire, en mars 1873.

    Ils auraient eu 4 enfants pendant ce mariage. Il s’agit de quatre fils, tous nés à Ham-Nord entre 1897 et 1904: Albert Joseph (1897), Hector (1898), Louis (1900) et Joseph Anatole (1904).

    La photo ci-dessous identifie le couple Alexandre Gaudet et Exilia Boulanger. Elle a été retrouvée sur le site Ancestry dans l’arbre généalogique de cette famille et elle aurait été soumise par une descendante de la famille Gaudet. En l’absence d’autres photos de la même époque – on parle ici d’une photo qui date de 125 ans – il n’est pas possible de confirmer l’information. Selon l’époque et les âges, on situe donc la prise de la photo autour de l’année 1900. Plus tard dans le deuxième volet de ce même article dans quelques jours, on pourra voir une photo d’Emma, sa soeur cadette. Sans trop forcer la note, on pourra y noter des airs de famille assez évidents en comparant les deux photos.

    Le couple Alexandre Joseph Gaudet et Exilia Boulanger vers l’année 1900. Source: Ancestry.

    Elle aussi prendra le chemin de Haverhill, au Massachusetts, avec sa petite famille. On note leur présence aux États-Unis dès 1905, l’année suivant la naissance du dernier enfant. On la retrouve aussi à Haverhill lors du recensement américain de 1910. Cependant, au recensement canadien de 1921, on retrouve le couple à Ford City, Essex North, dans le sud de l’Ontario. Elle serait morte en 1942 à Windsor, Ontario, alors qu’elle avait 63 ans après un mariage qui aura duré 46 ans.

    Quant à son mari Alexandre Joseph Gaudet, il serait retourné dans son pays natal après la mort d’Exilia. Il est mort en février 1951 à Manchester, N.H., à l’âge de 77 ans.

    Son certificat de décès que j’ai pu consulter parle d’une mort suite à un accident où il aurait été frappé par une automobile. On indique qu’il était veuf au moment du décès et qu’il est enterré dans le cimetière Saint-Augustin de Manchester. Son acte de décès paru dans les journaux de l’époque indique que lui survivent ses quatre enfants – Albert, Hector, Louis et Joseph – et qu’ils résident tous à Détroit, au Michigan. Cette destination indique probablement la raison du déménagement du couple de Haverhill, au Massachusetts, vers la région de Windsor-Détroit au début des années 20 au moment où leurs enfants ont atteint l’âge adulte.

    Acte de décès d’Alexandre Gaudet en février 1951 à Manchester, N.H. Source: Ancestry.

    De toute évidence, d’autres recherches seraient utiles pour mieux comprendre la vie de ce couple et de cette famille entre le Québec, le Massachusetts, l’Ontario et le New Hampshire.

    Le deuxième volet de cet article

    Le prochain volet de cet article, qui sera publié sur ce site dans quelques jours, complètera l’histoire de la progéniture de Georges Boulanger et de Délia Pratte, soit les deux plus jeunes enfants – Emma et mon arrière-grand-père Wellesse Boulanger. Le destin d’Emma Boulanger sera d’autant plus intéressant pour la famille Paul puisque les côtés paternel et maternel de nos familles se rejoindront de façon assez surprenante. Les Boulanger rencontrent les Paul et ce, bien loin de La Patrie.

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    La pierre tombale de Georges Boulanger à Ham-Nord

    Georges Boulanger est mon arrière-arrière-grand-père du côté paternel. Père de Wellesse Boulanger, mon arrière-grand-père. Il est enterré dans le cimetière des Saints-Anges de Ham-Nord avec son épouse Délia Pratte. Elle, morte en 1910. Lui, mort en 1923. J’ai décidé d’aller explorer sur place une histoire que mes parents me racontaient depuis quelques années.

    Cet article est relativement long, tout comme celui qui suivra dans quelques jours. C’est volontaire de ma part. Dans une forme encore plus allongée, les deux articles deviendront éventuellement, autant de chapitres dans le livre sur l’histoire de notre famille Boulanger.

    Pour les fins de ce site, je livre donc cette histoire en deux parties. La première, présentée ici, est consacrée aux parents de cette génération et à leur pierre tombale de Ham-Nord. La deuxième partie fera le tour de la progéniture du couple qui, suite à mes recherches, comptait sept enfants dont le cadet, mon arrière-grand-père Wellesse Boulanger. La particularité de cette progéniture est qu’elle a presque entièrement disparu des bases de données généalogiques du Québec.

    Cette petite recherche tombait aussi au bon moment pour notre petite histoire familiale puisque dans quelques jours, soit le 29 juillet, ce sera le 100e anniversaire du décès de Georges Boulanger.

    La région de la Côte-du-Sud

    On dit parfois dans la famille que les Boulanger viennent pour la plupart de la Beauce québécoise. Or, la descendance à travers les siècles de notre premier ancêtre Claude Lefebvre Boulanger en Amérique indique plutôt un ancrage sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent après un bref passage sur l’Île d’Orléans pour les toutes premières générations. Cet ancrage régional est vite devenu ce que l’on appelait au temps de la Nouvelle-France la région de la Côte-du-Sud, qui était située entre Lévis et la région de Kamouraska.

    Notre famille Boulanger durant ces générations s’est surtout concentrée autour de la région de Saint-Michel-de-Bellechasse (dès la deuxième génération), celle de Lévis et la région de Montmagny. Cette appellation de la Côte-du-Sud est revenue à la mode ces dernières années lorsque le Québec a fait de cette région historique une nouvelle circonscription électorale en 2011. Si on avait à positionner un pôle central de la descendance de notre famille Boulanger au fil des siècles, il serait situé dans la portion à gauche de la carte qui suit.

    La région de la Côte-du-Sud. Source: Histoires de chez-nous.

    Aujourd’hui, je vais vous présenter Ham-Nord qui a plus ou moins servi d’escale temporaire, le temps d’une génération, entre cette Côte-du-Sud et la destination de nos quatre familles au début du 20e siècle lors de la colonisation des Cantons-de-l’Est, à savoir La Patrie que tout le monde dans la famille connaît davantage.

    Cette génération a été celle de mon arrière-arrière-grand-père Boulanger – Georges Boulanger (1845-1923).

    Partir sur les traces de ses ancêtres, encore plus lorsque l’ampleur de ces recherches impliquent vos deux familles paternelles ainsi que vos deux familles maternelles, engendrent des centaines de petites enquêtes à travers diverses époques de l’histoire, dont certaines demandent parfois beaucoup d’efforts mais n’amènent pas beaucoup de résultats tangibles.

    Celle-ci a exigé des efforts particuliers dans les bases de données, et au moment d’écrire ces deux articles, les contours de l’histoire de cette génération semblent maintenant clairs. Cependant, avant de finaliser deux chapitres du livre sur l’histoire des Boulanger à partir de ces deux articles, d’autres recherches seront encore nécessaires pour valider plusieurs informations.

    Entretemps, j’ai décidé de vous raconter à travers ce premier article, les résultats de cette petite enquête que j’ai finalement entreprise cette semaine, bien que je l’avais en tête depuis déjà plusieurs mois. Elle concerne des interrogations du côté de la famille Boulanger, là où mes recherches à date ne se sont concentrées qu’à nos ancêtres d’origine en Nouvelle-France, Claude Lefebvre dit Boulanger et son épouse, fille du Roy, Marie Ursule Arcular.

    Le point de départ

    Le point de départ venait de mes parents. Ils me disaient que mon arrière-arrière-grand-père, Georges Boulanger (1845-1923), enterré à Ham-Nord avec son épouse Délia Pratte (1842-1910) auraient été enterrés dans le cimetière de la paroisse des Saints-Anges de Ham-Nord… mais pas vraiment. Ham-Nord et son cimetière sont situés à une centaine de kilomètres au nord de Sherbrooke.

    Tante Jeanne – que tout le monde appelle ainsi dans la famille même si elle n’est que la tante de mon père et donc, petite fille du couple en question – avait dû intervenir il y a une vingtaine d’années (le moment précis n’est pas très clair) pour installer une nouvelle pierre tombale puisqu’il ne restait aucune trace de leur présence dans ce cimetière.

    Situation quand même un peu étrange et nébuleuse puisque le cimetière n’avait accepté qu’à la condition que le nouveau monument soit installé complètement en retrait des autres pierres tombales. Probablement pour ne pas donner l’impression que les restes du couple sont enterrés dans le lot devant ce monument, ce qui n’est pas le cas. Donc, ils ne seraient pas vraiment dans ce cimetière.

    En ce début de juillet 2023, accompagnés de mes parents, nous prenons donc la direction de Ham-Nord. Il s’agit de ma première visite dans ce coin de pays. Jusqu’à tout récemment, je ne connaissais rien du passage de la famille Boulanger dans cette région, le temps de cette génération, il y a plus d’une centaine d’années. Mon intention est essentiellement de prendre des photos pour illustrer la situation pour éventuellement effectuer quelques recherches complémentaires à mon retour afin de remettre en contexte l’histoire de cette génération pour les fins du livre.

    J’ai donc décidé de rapporter, aussitôt après, ces résultats préliminaires à travers cet article. Une sorte de portrait à vif de cette génération qui, même si elle n’est pas si lointaine de notre époque, demeure complètement inconnue de notre famille. Qui a déjà mentionné dans la famille le nom de Georges Boulanger ? Même mon père n’a jamais rapporté aucun souvenir que son père Omer ou son grand-père Wellesse auraient raconté à son sujet.

    Georges Boulanger et Délia Pratte

    Commençons donc par le commencement. Georges Boulanger et Délia Pratte sont mes arrière-arrière-grands-parents du côté de mon père. Un de leurs fils était Wellesse – ou Wallace – dont le nom est plus familier dans la famille même s’il faut avoir plus de 80 ans pour prétendre l’avoir un peu connu. J’avais d’ailleurs parlé de lui dans un des premiers articles sur ce site en mars dernier: Wellesse Boulanger en trois actes.

    Georges François Boulanger est donc né le 2 juillet 1845 et baptisé le 3 dans la paroisse Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy, qui est aujourd’hui un des dix secteurs de la Ville de Lévis, en banlieue sud de la ville de Québec. Cette portion a longtemps fait partie depuis de la ville de Lauzon. Ses parents étaient Joseph Boulanger et Émérence Gagné qui s’étaient mariés en 1832 à Cap-Saint-Ignace, dans la région de Montmagny. À noter que son père Joseph Boulanger était navigateur de métier.

    D’autres sources indiquent une naissance en 1846, voire même 1851. Cependant, j’ai pu retracer l’acte de baptême de Georges dans les registres de la paroisse de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévy. Il n’y a aucune incertitude, Georges Boulanger est bien né le 2 juillet 1845, comme l’atteste son acte de baptême reproduit ici.

    Sans grande surprise, je n’ai pu identifier le moment précis de son déménagement à Ham-Nord. Cependant, disons qu’il a épousé Adélia Pratte le 23 janvier 1871 à Saint-Paul-de-Chester (Chesterville) dans la région d’Arthabaska, situé à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest d’Ham-Nord, ce qui laisse supposer que Georges avait déjà des assises dans cette région au début de sa vie d’adulte. Adélia semble avoir été surtout connue sous le prénom de Délia pendant sa vie, y compris sur la pierre tombale visible de nos jours.

    Cette migration vers le sud est typique de l’époque puisque l’on ouvrait de plus en plus de territoires pour la colonisation dans les Cantons-de-l’Est. Les terres étant toutes attribuées dans les régions bordant le fleuve Saint-Laurent, alors ces nouvelles terres plus au sud s’avéraient attirantes pour les jeunes générations qui voulaient se fabriquer un avenir sur une terre agricole, comme leurs ancêtres avant eux avaient pu le faire. Par exemple, les débuts de la colonisation de la grande région autour de La Patrie, encore plus au sud, datent de la même époque des années 1870.

    Cette famille Boulanger

    Après toutes mes recherches à ce stade, le couple aurait eu sept enfants. Quant aux parents Georges et Délia, tous les actes de baptême des sept enfants, les recensements ainsi que les actes de décès du couple indiquent une appartenance unique et constante à la communauté de Ham-Nord. Une seule enfant – Anabella Amanda – sera baptisée à Saint-Paul-de-Chester, village d’origine de Délia à quelques kilomètres de Ham-Nord et lieu du mariage du couple en 1871.

    Bien ancrés dans leur communauté, Georges et Adélia ont donc vécu à Ham-Nord durant toute leur vie d’adulte. La génération précédente était implantée dans la région de Montmagny et le génération suivante quittera rapidement la région. Ham-Nord n’aura servi que de passerelle temporaire le temps d’une seule génération, celle de Georges et Délia.

    Tante Jeanne avait raison. Il fallait bien qu’il reste une trace physique de cette présence de la famille à Ham-Nord puisque peu de personnes dans la famille en ont gardé le moindre souvenir. Cependant, la suite de l’histoire nous en apprendra davantage et, connaissant le souci du détail de Jeanne, on peut supposer qu’elle connaissait toute l’histoire derrière ce cimetière et les restes de ses grands-parents. Morte récemment en avril 2017 à l’âge de 93 ans, elle aurait été plus qu’heureuse de participer à cette recherche et les résultats auraient été encore plus complets puisque l’on aurait pu bénéficier de ses connaissances, ayant été plus proche de cette génération que quiconque encore vivant aujourd’hui.

    Tante Jeanne, décédée en avril 2017, telle qu’elle apparaît sur l’avis de décès de la famille. Jeanne est celle qui a initié cette initiative de la pierre tombale de ses grands-parents paternels que l’on peut voir de nos jours dans le cimetière des Saints-Anges de Ham-Nord afin de laisser une trace visible de cette génération de notre famille Boulanger.

    Il est également important de noter que les actes officiels après leur mariage indiquent que Georges était cultivateur. Son père par contre – Joseph Boulanger (Lefebvre) – était navigateur dans la région de Montmagny, situé sur les bords du fleuve Saint-Laurent bien que l’acte de mariage de Georges et de Délia en 1871 indique qu’il avait également été cultivateur à cette époque.

    L’attrait d’une nouvelle terre disponible pour assurer son avenir était probablement la motivation principale du couple d’aller s’installer à Ham-Nord et ainsi quitter la région de la Côte-du-Sud qui avait été le lieu de résidence de la famille au fil des dernières générations.

    Comme point de départ généalogique de tout ancêtre, j’utilise généralement le site Généalogie du Québec et d’Amérique française. Comme on pourra le voir en suivant l’hyperlien, les informations sont plutôt éparses quant à ce couple de sorte qu’il m’a fallu creuser à travers les registres paroissiaux pour tenter de combler les nombreux vides, ce qui est toujours un exercice laborieux et périlleux parce que l’on doute toujours, à force de devinettes, d’avoir reconstitué l’entièreté du casse-tête, une fois l’exercice terminé.

    Ce qui me rendait perplexe dans le cas précis de cette fiche est le fait que le couple n’avait eu que deux enfants – Emma en 1881 et Wellesse en 1884. Or, le couple s’était marié en 1871. Est-ce possible, que pendant ces décennies où le devoir principal des épouses était de procréer, qu’il avait fallu une décennie avant d’avoir un premier enfant ? Improbable mais il me fallait encore davantage creuser leur passé avant de conclure car il fallait aller au-delà des quelques données de base qui constituaient mon seul point de départ.

    Nous en resterons là pour l’instant car le but de l’article ne concerne pas vraiment les enfants mais plutôt la mort des parents quelques décennies plus tard. Je reviendrai sur le parcours de ces sept enfants dans le prochain article dans quelques jours.

    Ham-Nord

    Selon le site Wikipédia de la municipalité de Ham-Nord, on confirme essentiellement mes prémisses de base concernant le déplacement de la Côte-du-Sud vers la région de Ham-Nord dans les Cantons-de-l’Est au début des années 1870. On y dit:

    Le surpeuplement des seigneuries amène les habitants riverains du fleuve à rechercher de l’espace vital. (…) La paroisse Saints-Anges de Ham-Nord connait alors ses premiers arrivants vers 1850-1852.

    À compter de cette date, le mouvement migratoire se poursuit intensément et l’on voit arriver dans notre paroisse les Boudreau, Cloutier, Couture, Campagna, Dubois, Laliberté, Provençal, Larose, Marcotte, Carrier, Blais, Ruel, Morasse, Poisson, Patry, Ramsay, Turcotte, Paquet, Richer, Martin, Picard, Bissonnette, Boulanger, Chrétien et beaucoup d’autres.

    Toutes ces familles, arrivées à Ham-Nord avant 1860, sont originaires des vieilles paroisses, près du fleuve dont : Pointe-de-Lévis, Saint-Henri-de-Lauzon, Sainte-Claire-de-Dorchester, Saint-Nicolas, Saint-Antoine-de-Tilly, Saint-Pierre-les-Becquets, Montmagny, Bécancour, Gentilly, Saint-Grégoire et Nicolet.

    On reconnait donc notre famille dans ces descriptions. Notre famille Boulanger provenant de Pointe-de-Lévis. Il faut mentionner également que lors de mes recherches à travers les registres de la paroisse, il y avait au moins une autre famille Boulanger à Ham-Nord, celle de Isaie Boulanger, cultivateur, qui revenait presque chaque année dans le registre des baptêmes. Il a même d’ailleurs été un parrain d’une des filles de Georges et de Délia – Mélanda en 1873.

    Selon le site Répertoire du patrimoine culturel du Québec, l’église actuelle de la paroisse des Saints-Anges de Ham-Nord présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Construite en 1899-1900, elle visait à remplacer la première chapelle datant de 1861, située sur le même site, où était d’ailleurs également situé le cimetière original de la paroisse.

    Église actuelle de la paroisse des Saints-Anges de Ham-Nord. Source: Répertoire du patrimoine culturel du Québec.

    On dit qu’avec le site des moulins qui longe la rivière Demers, il s’agit des lieux à l’origine de la municipalité :

    Le territoire du canton de Ham accueille ses premiers habitants dès 1845. La partie nord du canton a été colonisée par des Canadiens-français, alors que la partie sud, par des Anglais, des Écossais et des Irlandais.

    Lors de la construction de la chapelle en 1861, il y avait déjà 550 habitants et environ 1,600 en 1896. Les premiers arrivants dans la paroisse des Saints-Anges ont été observés vers les années 1850-1852.

    C’est donc dire que lorsque nos ancêtres Georges Boulanger et son épouse Délia Pratte s’y installent au début de leur mariage vers 1871, ils contribuent aux tout débuts du développement de Ham-Nord.

    Les décès de Georges et de Délia

    Comme on peut le voir dans les deux actes de sépulture qui suivent, Délia est la première à mourir, soit le 5 décembre 1910, à l’âge de 68 ans. Quant à lui, Georges va mourir le 29 juillet 1923, à l’âge de 78 ans. Toujours selon ces mêmes actes de sépultures de la paroisse Saints-Anges de Ham-Nord, ils sont tous les deux enterrés dans le cimetière de cette paroisse. Évidemment, il faut reconstituer l’histoire afin de savoir exactement de quoi on parle.

    Acte de sépulture de Délia Pratte en 1910.

    Acte de sépulture de Georges Boulanger en 1923. L’année 2023 représente donc en ces jours de juillet 2023, la date anniversaire du centenaire de sa mort.

    Alors d’où vient cette confusion concernant l’absence des restes de ces deux corps dans ce cimetière ? Notre visite a effectivement trouvé une réponse à cette situation et on peut la voir sur un écriteau situé au centre du cimetière, tout juste à côté de la croix. La première photo plus bas montre cette croix au loin, au centre du cimetière. La deuxième photo montre clairement la clé de l’énigme que l’on aurait pu facilement manquer. Un petit monument indique clairement:

    En mémoire de nos ancêtres. Inhumés dans le premier cimetière 1862-1898. Deuxième cimetière 1898-1925. Exhumés et transférés dans le cimetière actuel en 1925.

    Délia est morte en 1910. Georges est mort en 1923. Ils ont donc été exhumés du deuxième cimetière quelque temps après, en 1925. Ils semblent donc que l’exhumation ne visait pas à recréer la situation de l’ancien cimetière, à supposer qu’il y avait une pierre tombale suite à leur inhumation.

    Entrée principale du cimetière de la paroisse des Saints-Anges à Ham-Nord, au sud du village.

    Monument au centre du cimetière au pied de la croix centrale, là où notre énigme de départ trouve son explication.

    On peut donc mieux comprendre l’intervention de Tante Jeanne – religieuse une bonne partie de sa vie et morte récemment en 2017. Pour garder une trace de ses grands-parents, elle aura voulu y installer une nouvelle pierre tombale. Le cimetière a accepté en la plaçant par contre à l’écart des autres monuments. On peut imaginer que l’on n’a pas voulu donner l’impression qu’il s’agit d’une pierre tombale normale où les restes des décédés sont inclus dans le lot situé devant le monument. Situation usuelle ? Ou solution un peu en dehors des normes ? On ne le saura pas à défaut de pousser plus loin.

    Mon père de 92 ans a accepté d’apparaître sur cette photo aux côtés de ses arrière-grands-parents. Né en 1931, il est né 8 ans après le décès de Georges qu’il n’a de toute évidence jamais connu.

    Mon père de 92 ans devant la pierre tombale de ses arrière-grands-parents Boulanger en juillet 2023.

    La photo suivante indique quatre autres pierres tombales situées également à l’écart du cimetière et des autres pierres tombales. En examinant les dates sur ces pierres tombales, on peut supposer que deux d’entre elles peuvent avoir représenté une situation semblable avec un lien entre le deuxième et le nouveau cimetière.

    Quatre autres pierres tombales sont également situées à l’écart du cimetière et des autres pierres tombales.

    On peut voir encore mieux la distance entre ces pierres tombales et le reste des pierres tombales du cimetière.

    La croix centrale au milieu du cimetière et l’explication historique des trois cimetières de la paroisse au fil des années, inscrite sur le monument au pied de la croix.

    Pour les fins du livre, cette petite enquête clarifie donc l’histoire du couple à Ham-Nord ainsi que leur présence (ou non) un peu particulière dans ce cimetière.

    Le déménagement du cimetière

    D’après le monument du cimetière actuel qui mentionne les deux cimetières et le déménagement, le premier cimetière date du 19e siècle et aurait été utilisé entre 1862 et 1898. Mes recherches que j’ai rapportées plus haut, indiquent que ces dates correspondent au début de la paroisse et à la construction de la nouvelle église en 1899, qui a remplacé la première chapelle. La chapelle et le cimetière avaient été construits sur le même terrain que l’église actuelle. Il semble donc que l’on aurait tout simplement arrêté après cette date d’y enterrer des morts et un autre terrain situé à proximité a servi de nouveau cimetière – le deuxième donc selon le même monument qui cite les années d’opérations de 1898 à 1925. Le site Find A grave que j’utilise souvent pour localiser les pierres tombales de nos ancêtres indique en traduisant le texte de l’anglais au français que certaines sépultures avaient été placées dans une fosse commune lors de leur déménagement, laissant sous-entendre que d’autres sont restées à leur endroit original. Aucun autre détail n’est fourni.

    Au cours de mes recherches, je suis tombé sur un article daté de 2016 – et non signé – qui raconte un déménagement semblable qui a récemment fait l’objet d’un documentaire intitulé Le cimetière oublié. Il relate une histoire à l’identique, au début des années 1950 dans la paroisse de Notre-Dame-de-Ham, situé à quelques kilomètres seulement de celui de Ham-Nord.

    J’en relate ici quelques extraits puisqu’il nous éclaire beaucoup sur les circonstances de leur propre déménagement et des façons de faire à l’époque. L’article fait justement référence au déménagement du cimetière de Ham-Nord où une usine serait assise sur l’un des deux anciens cimetières: le deuxième cimetière de nos ancêtres Georges et Délia puisque le premier est situé sur le terrain de l’église actuelle.

    En 1952, parce que les fossoyeurs butaient sur les tombes chaque fois qu’ils voulaient inhumer une dépouille, le curé d’alors obtenait de l’archevêque de Sherbrooke l’autorisation de déménager le cimetière là où il se trouve aujourd’hui en bordure de la route 160. Et déménager le cimetière signifiait alors déménager ses sépultures. C’est ce qu’ont dû faire les proches et les descendants de quelques 150 disparus. Les 350 corps restants (dont ceux de 280 enfants) n’ont pas été déplacés, encore enfouis aujourd’hui sous une plantation d’épinettes dans le 1er rang sud.

    Le déplacement s’est fait en quelques mois. Et s’il est resté tant de sépultures par la suite, c’est que bien des gens se refusaient à déterrer leurs morts. D’autres ne l’auraient tout simplement pas su.

    Pour les membres de ma famille immédiate à Compton dans les Cantons-de-l’Est, on se rappelle d’une histoire semblable dans le village de Compton où la communauté catholique de l’endroit avait relocalisé leur cimetière presqu’en face de l’ancien, à la fin du 19e siècle. Dans ce cas précis, bien peu de corps avaient été déplacés dans le nouveau cimetière. À peine trente-cinq seulement, selon un article récent de Jeanmarc Lachance, président de la Société d’histoire de Compton. Notre maison familiale avait d’ailleurs été construite ultérieurement sur le terrain de cet ancien cimetière. Ces expériences de déménagement de cimetières n’étaient donc pas uniques. Plusieurs cimetières se trouvaient à l’étroit avec l’augmentation des populations paroissiales, surtout avec des familles nombreuses de 10 ou 15 enfants.

    C’est donc dire qu’il est peu probable que les restes de Georges et de Délia aient été déménagés lors du transfert dans les années 1920. La majorité des sépultures ne l’ont pas été et à moins d’en avoir fait la demande expresse à ce moment, il ne pouvait y avoir de transfert. On peut comprendre encore davantage le désir de leur petite-fille Jeanne de concrétiser physiquement un quelconque devoir de mémoire pour ses grands-parents au nom de la famille.

    Et maintenant… que sont devenus leurs sept enfants ?

    La suite de cette petite enquête sera probablement plus surprenante pour toute la famille. Malgré le fait que ce n’était pas évident d’établir que le couple a eu sept enfants avec le peu de données dans les registres officiels québécois, on peut déjà conclure suite à mes recherches, qu’il ne reste presqu’aucune trace de ces enfants à moins de faire des efforts de recherches supplémentaires. Ni à Ham-Nord. Ni même au Québec, sauf la présence de mon grand-père paternel, Wellesse Boulanger, enterré avec son épouse dans le cimetière Saint-Pierre de La Patrie. Tous ces enfants naissent dans la région de Ham-Nord – et j’en fournirai la preuve dans le prochain article – mais ils disparaissent graduellement des radars généalogiques habituels, sauf Wellesse.

    Mais où sont donc passés les autres ? Sont-ils morts à la naissance ou en bas âge ? Ont-ils eu une vie adulte ? Chaque cas sera un petit mystère supplémentaire à éclaircir.

    Suite au prochain article dans quelques jours…

    *****

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Ce site est géré par Guy Boulanger. Il se veut un complément d’un livre à publier éventuellement qui racontera l’histoire de ma famille, à savoir la lignée familiale des Boulanger, celle des Langlois, celle des Paul et finalement celle des Blais.

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