Deuxième partie et suite de l’article précédent sur la pierre tombale de Georges Boulanger et de Délia Pratte à Ham-Nord. Ce sont mes arrière-arrière-grands-parents chez les Boulanger. Père et mère de Wellesse Boulanger, mon arrière-grand-père. Ils sont enterrés dans le cimetière des Saints-Anges de Ham-Nord. Elle, morte en 1910. Lui, mort en 1923.
Cette deuxième partie sera présentée en trois volets et part à la recherche de leurs sept enfants. La recherche n’a pas été des plus simples puisque la très grande majorité d’entre eux, sauf peut-être uniquement mon arrière-grand-père Wellesse, se sont faits américains et ont essentiellement fait leur vie en Nouvelle-Angleterre. Voici le premier volet de cet article sur les sept enfants de ce couple. Il couvre leurs cinq premiers enfants.
À la recherche des enfants de mes arrière-arrière-grands-parents Boulanger
Un examen de tous les registres de la paroisse des Saints-Anges de Ham-Nord n’aura pas suffi pour mettre un peu d’ordre dans la progéniture complète du couple. Je ne raconterai pas ici toutes les recherches qui ont été nécessaires pour recouper différentes informations mais je crois que j’ai finalement cerné cette famille bien que beaucoup de travail additionnel serait encore nécessaire pour accumuler davantage de détails pour pouvoir faire un portrait plus adéquat de cette génération pour les fins du livre.
Le travail s’est compliqué davantage lorsque j’ai réalisé que la vaste majorité des sept enfants ont rapidement pris le chemin des États-Unis au début de leur vie adulte. C’est souvent l’explication lorsque vous semblez être à court d’informations et n’avoir qu’un portrait partiel en ne consultant que des sources généalogiques québécoises de cette époque. Ici, c’est le site international Ancestry qui a ouvert toutes grandes les portes avec d’autres pans d’informations pour mieux comprendre le reste de l’histoire de ces familles.
Suite à mes recherches, le couple Georges Boulanger et Délia Pratte aurait donc eu sept enfants, soit 3 fils et 4 filles. À l’aide de ces recherches des dernières semaines, on peut déjà mieux cerner les grandes lignes de leurs histoires respectives.
Joseph Ouelle Welly Boulanger
Joseph Ouelle, dit Welly, Boulanger était l’aîné de cette famille et est né le 25 mai 1872, soit l’année suivant le mariage du couple. Il prendra la route de Haverhill, Massachusetts très tôt où il mariera Louisa Rival Bellerose en mai 1897. On aurait noté une première arrivée temporaire aux États-Unis dès 1889 et une autre l’année suivante, mais selon le recensement de 1891, alors qu’il était encore adolescent, il résidait toujours au Québec. Cependant, c’est lui qui est à l’origine de cet exode familial en Nouvelle-Angleterre qui affectera tout le monde, sauf les parents Georges et Délia et mon arrière-arrière-grand-père Wellesse qui ira plutôt s’établir à La Patrie puisqu’une terre l’attendra.
Quant à son épouse Louisa, elle était déjà américaine au moment de sa naissance en novembre 1873. Elle est née à Lawrence, Massachusetts. Son père était Joseph Rival Bellerose et sa mère Elmire Jacques.
Le couple qui s’est marié à Haverhill aurait eu seulement deux enfants – Leo Welly né en janvier 1898 et Ernest William né en mars 1899. Tous les deux sont nés à Haverhill. Ils ont passé toute leur vie en Nouvelle-Angleterre. Dans les registres, on trouve une trace du couple à Manchester, N.H. lors du recensement de 1930, ville située à quelques dizaines de kilomètres plus au nord, mais ils seraient retournés à Haverhill ensuite, où on retrouve leur trace de 1935 jusqu’à leur mort. Il est mort en avril 1944, à l’âge de 71 ans et est enterré à Haverhill. Louisa a suivi peu de temps après, en 1945. Elle avait 72 ans. Leur mariage a donc duré 47 ans.

Acte de baptême de Joseph Ouelle Boulanger, né le 25 mars 1872 à Ham-Nord au Québec.

Bien que difficile à lire, il s’agit de la pierre tombale du couple Ouelle Boulanger et Louisa Rival Bellerose dans un cimetière de Haverhill, Essex County, Massachusetts. Il est décédé le 11 avril 1944.
Mélanda Boulanger
Mélanda Boulanger est née dès l’année suivante, le 11 décembre 1873, toujours à Ham-Nord. Elle aussi prendra rapidement le chemin du Massachusetts, toujours à Haverhill, où elle mariera Napoléon Alfred Gauthier le 18 septembre 1892, à l’âge de 18 ans. C’est autour de cette date que l’on note l’arrivée de Mélanda aux États-Unis.
Lui est né au Québec, à Saint-Paul-de-Chester, tout près de Ham-Nord. Mais dès l’année suivante alors que Napoléon Alfred n’a qu’un an, la famille commence leurs allers-retours en Nouvelle-Angleterre. Sa mère Philomène Pratte va mourir rapidement en 1881, à l’âge de 33 ans, alors que Napoléon Alfred est encore un jeune adolescent.
Le couple aurait eu 9 enfants sur une période de 19 ans entre 1893 et 1912.
Le site Ancestry mentionne que la plupart de leurs enfants seraient quand même nés au Québec, à Saint-Paul de Chester, tout près de Ham-Nord, lieu de naissance de sa mère Délia Pratte. On note donc les huit premiers enfants nés au Québec entre 1893 et 1906 – Blanche en 1893, Ernest Arthur en 1894, Olina Eva en 1897, Aldo Wilfrid en 1898, Rosa Agenor en 1899, Marie Leda Yvonne née le 4 décembre 1900 et baptisée le 6, mais décédée le 8 et inhumée le 9 décembre de la même année, Eva Marie en 1902, Marie Gilberte Beatrice en 1904. À partir de 1906, les registres indiquent une appartenance à la communauté de Haverhill, Mass. Leur aînée Blanche y meurt à l’âge de 16 ans en 1910 et leur dernier fils – Richard, y naît en novembre 1912. Les recensements subséquents placera cette famille toujours à Haverhill.

Toujours triste de voir l’entrée dans un registre paroissial de la naissance d’un enfant suivie immédiatement de son décès. Courte vie de 5 jours de Marie Leda Yvonne, fille de Mélanda Boulanger, née le 4 décembre et inhumée le 9 du même mois en 1900.
Sauf Marie Leda Yvonne morte à la naissance et l’aînée Blanche morte de la tuberculose, tous les autres enfants on eu une vie adulte habituelle, la plupart étant morts durant leur cinquantaine ou leur soixantaine.
L’occupation du mari semble variée dans les registres, d’un baptême à un autre. On le dit, propriétaire de moulin à scie en 1897, de mécanicien l’année suivante en 1898 et ensuite cultivateur en 1899. Cette situation était probablement fréquente à l’époque où les gens n’avaient pas beaucoup d’éducation et s’ils n’avaient pas de terres, se promenaient d’un boulot à l’autre, y compris traverser aux États-Unis si nécessaire lorsque l’avenir y semblait plus prometteur.

Acte de baptême de Mélanda Boulanger, née le 11 décembre 1873 et baptisée le lendemain 12 décembre à Ham-Nord, fille de Georges Boulanger et Délia Pratte de cette paroisse.

Liste des mariages en septembre 1892 à Haverhill, Mass.. Le couple Mélanda Boulanger et Napoléon Alfred Gauthier apparaît au numéro 240 vers le milieu de la photo.

L’acte de décès ci-haut, daté de juin 1910, situe bien le couple à Haverhill à cette époque. Leur aînée Blanche y meurt de la tuberculose pulmonaire. Leur origine canadienne, leur adresse à Haverhill et les dates y sont bien indiquées.
Quant à elle, Mélanda serait décédée à Haverhill le 22 octobre 1946, à l’âge de 72 ans. Mélanda Boulanger Gauthier est enterrée au Saint-Joseph’s Cemetary de Haverhill au Massachusetts. Son époux serait également décédé à Haverhill mais sa date de décès n’est pas rapportée dans Ancestry.
Haverhill, Massachusetts
On commence déjà à voir apparaître une tendance. Un intérêt pour les États-Unis, et plus particulièrement pour Haverhill, dans l’État du Massachusetts. Haverhill semble donc représenter le destin de cette famille québécoise, comme attiré par l’aimant américain, ce qui était courant à l’époque.
On dit qu’environ 900,000 Canadiens-français ont quitté le Canada pour des raisons économiques et se sont établis en Nouvelle-Angleterre au 19e siècle et au début du 20e siècle, ce qui était énorme si on considère qu’il n’y avait que 1.6 million d’habitants au Québec en 1901.
Cette vague aurait pris fin en grande partie avec la grande dépression des années 1930, À l’époque de cette génération, plus de 200,000 Canadiens-français avaient aussi traversé la frontière, uniquement dans les années 1880 et 1890 au moment où nos ancêtres l’on fait.
Pourquoi Haverhill ? Probablement, sa situation géographique l’expliquerait en partie. Située à la frontière de l’État, limitrophe à l’État du New Hampshire, elle se présente sur la carte entre Manchester, N.H. et Boston, Mass. À mi-chemin entre les deux, Manchester étant à environ une quarantaine de kilomètres plus au nord et Boston à environ une cinquantaine de kilomètres plus au sud… et à environ vingt-cinq kilomètres de l’océan Atlantique où les plages sont attirantes. Biddeford, Maine est située sur la côte un peu plus au nord et comme des ancêtres de la famille Paul du côté de ma mère, c’est également la direction que prendra une des enfants de Georges et Délia, Emma Boulanger, la sixième enfant du couple. On le verra plus tard.

Carte du nord-est des États-Unis. On peut voir Haverhill, au centre de la photo, ainsi que Manchester, N.H., en haut à gauche ainsi que Biddeford, Maine, en haut à droite. Tous des endroits où certains de nos ancêtres ont tenté l’aventure américaine au 19e et 20e siècle.

Haverhill, Massachusetts vers 1875.
Uniquement en l’espace de 60 ans, la population de Haverhill s’était multipliée par 5 en passant de 10,000 en 1860 à 54,000 en 1920 au plus fort de cette immigration provenant du Canada français. De nos jours, la population totale se stabilise autour de 70,000 habitants, 100 ans plus tard. C’est donc dire que l’afflux extérieur a été significatif à l’époque. La ville attirait non seulement les Canadiens-français mais également l’immigration italienne, irlandaise et celle provenant d’autres pays européens.
Ce sont surtout les moulins qui constituaient un attrait économique important. Un important incendie a d’ailleurs détruit en février 1882 une bonne partie de la section de la ville qui abritait ces moulins. Selon le site Wikipédia, The New York Times avait rapporté à l’époque que 300 commerces avaient été détruits au cours de cet incendie.
Annabella Amanda Boulanger
La troisième enfant de cette fratrie était Annabella Amanda Boulanger, née le 6 mars 1875 à Saint-Paul-de-Chester, près de Ham-Nord, qui était la paroisse d’origine de Délia et le lieu du mariage du couple. On note pour la première fois son arrivée aux États-Unis en 1891 mais elle semble avoir marié Louis Joseph Bernier dans la paroisse Saint-Patrice de Tingwick en avril 1902.
Son acte de mariage de 1902 à Tingwick au Québec la situe déjà résidente de Haverhill, Massachusetts. Quant à lui, on le dit cultivateur. Au recensement américain de 1910, on les retrouve aussi à Haverhill, Massachusetts.
Leur décès reste encore à clarifier. La source américaine consultée n’indique aucun enfant issu du couple et les dates de décès restent inconnues.

Acte de baptême d’Annabella Amanda Boulanger le 11 mars 1875 à Saint-Paul-de-Chester, au nord de Ham-Nord.
Guillaume Boulanger
Il y a encore davantage de mystères quant à la vie de Guillaume Boulanger, le prochain enfant dans cette fratrie. Il serait né le 16 décembre 1876, toujours à Ham-Nord, selon le registre de la paroisse des Saints-Anges de Ham-Nord (entrée B-63).
Selon une source familiale – Soeur Lorraine pour ne pas la nommer et qui avait fait des recherches généalogiques utiles mais incomplètes sur cette famille – elle réfère plutôt à William, bien que l’acte de baptême ci-dessous qui utilise les mêmes dates soit clair. Il s’agit de Guillaume, sans même un deuxième prénom qui pourrait expliquer la confusion. Né le 16 décembre et baptisé le 19 décembre 1876.
On le dit en vie lors du recensement de 1891 mais il disparaît ensuite. Il n’existe pas d’autre information à son sujet par la suite. La date et le lieu du décès demeurent également inconnus. Un mystère entoure donc le reste de sa vie. Pas de trace d’un mariage non plus. Serait-il mort jeune après 1891 alors qu’il était alors adolescent ? Contrairement à ses grands frères et soeurs jusqu’alors, serait-il resté au Québec ? Je n’ai pas encore trouvé d’autres indices pour pousser plus loin l’histoire de sa vie.

Acte de baptême de Guillaume Boulanger, né le 16 décembre 1876 à Ham-Nord.
Exilia Boulanger
Un peu plus de deux ans suivant la naissance de Guillaume, Marie Exilia Boulanger – bien que l’orthographe varie selon les sources – naît à son tour, le 21 mars 1879, toujours à Ham-Nord au moment où Délia a 37 ans avec deux autres enfants encore à naître. Elle sera baptisée le 23 du même mois comme en fait foi son acte de baptême ci-dessous.

Acte de baptême de ce qui semble être Elzélia Boulanger selon l’écriture du célébrant, née le 21 mars 1879 et baptisée le 23 du même mois à Ham-Nord. Le site Ancestry, sous les mêmes dates, l’immortalise sous le prénom de Exilia.
Exilia aurait marié un dénommé Alexandre Joseph Gaudet le 25 août 1896 à Ham-Nord alors qu’elle n’a que 17 ans. Lui était américain de naissance, étant né à Berlin, New Hampshire, en mars 1873.
Ils auraient eu 4 enfants pendant ce mariage. Il s’agit de quatre fils, tous nés à Ham-Nord entre 1897 et 1904: Albert Joseph (1897), Hector (1898), Louis (1900) et Joseph Anatole (1904).
La photo ci-dessous identifie le couple Alexandre Gaudet et Exilia Boulanger. Elle a été retrouvée sur le site Ancestry dans l’arbre généalogique de cette famille et elle aurait été soumise par une descendante de la famille Gaudet. En l’absence d’autres photos de la même époque – on parle ici d’une photo qui date de 125 ans – il n’est pas possible de confirmer l’information. Selon l’époque et les âges, on situe donc la prise de la photo autour de l’année 1900. Plus tard dans le deuxième volet de ce même article dans quelques jours, on pourra voir une photo d’Emma, sa soeur cadette. Sans trop forcer la note, on pourra y noter des airs de famille assez évidents en comparant les deux photos.

Le couple Alexandre Joseph Gaudet et Exilia Boulanger vers l’année 1900. Source: Ancestry.
Elle aussi prendra le chemin de Haverhill, au Massachusetts, avec sa petite famille. On note leur présence aux États-Unis dès 1905, l’année suivant la naissance du dernier enfant. On la retrouve aussi à Haverhill lors du recensement américain de 1910. Cependant, au recensement canadien de 1921, on retrouve le couple à Ford City, Essex North, dans le sud de l’Ontario. Elle serait morte en 1942 à Windsor, Ontario, alors qu’elle avait 63 ans après un mariage qui aura duré 46 ans.
Quant à son mari Alexandre Joseph Gaudet, il serait retourné dans son pays natal après la mort d’Exilia. Il est mort en février 1951 à Manchester, N.H., à l’âge de 77 ans.
Son certificat de décès que j’ai pu consulter parle d’une mort suite à un accident où il aurait été frappé par une automobile. On indique qu’il était veuf au moment du décès et qu’il est enterré dans le cimetière Saint-Augustin de Manchester. Son acte de décès paru dans les journaux de l’époque indique que lui survivent ses quatre enfants – Albert, Hector, Louis et Joseph – et qu’ils résident tous à Détroit, au Michigan. Cette destination indique probablement la raison du déménagement du couple de Haverhill, au Massachusetts, vers la région de Windsor-Détroit au début des années 20 au moment où leurs enfants ont atteint l’âge adulte.

Acte de décès d’Alexandre Gaudet en février 1951 à Manchester, N.H. Source: Ancestry.
De toute évidence, d’autres recherches seraient utiles pour mieux comprendre la vie de ce couple et de cette famille entre le Québec, le Massachusetts, l’Ontario et le New Hampshire.
Le deuxième volet de cet article
Le prochain volet de cet article, qui sera publié sur ce site dans quelques jours, complètera l’histoire de la progéniture de Georges Boulanger et de Délia Pratte, soit les deux plus jeunes enfants – Emma et mon arrière-grand-père Wellesse Boulanger. Le destin d’Emma Boulanger sera d’autant plus intéressant pour la famille Paul puisque les côtés paternel et maternel de nos familles se rejoindront de façon assez surprenante. Les Boulanger rencontrent les Paul et ce, bien loin de La Patrie.
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