Les Langlois ne descendent pas tous du même ancêtre d’origine. Pour ceux et celles qui seraient surpris d’apprendre ce fait de base, les Langlois ne sont pas tous parents finalement. La suite va probablement vous surprendre encore davantage. On dit même qu’il existe neuf familles souches dont nous parlerons dans les prochains mois sur ce site. Pour le suspense, disons déjà qu’il y a même une histoire de sorcellerie dans une de ces familles. Mais encore plus surprenant peut-être, il y avait même déjà des Langlois au tout début de la colonie avant même l’arrivée de la première famille souche, celle de Noël Langlois.
De façon sommaire, on pourrait se dire qu’il y a le premier et ensuite il y a tous les autres. Pas vraiment dans la vraie vie, et surtout pas en généalogie. Dans les premières années de la Nouvelle-France, la population a graduellement augmenté de quelques dizaines d’individus à quelques centaines et ensuite à quelques milliers. Au fur et à mesure que le nombre devenait de plus en plus important, y avait-il vraiment autant de noms de famille que d’individus pour vraiment faire de chaque individu une personne unique avec son propre patronyme ou nom de famille ? Poser la question, c’est y répondre. Deux colons venus de France, même voisins, pouvaient partager le même nom de famille sans être parents.
Par exemple, l’Association des Blais d’Amérique se dédie entièrement à Pierre Blais, que l’on dit ‘’être le premier arrivant de la famille Blais en Amérique du Nord et l’ancêtre de tous les Blais d’Amérique’’.
Le cas des Langlois est différent. Il n’y a pas un seul ancêtre commun à tous les Langlois. Tous les chemins généalogiques ne mènent pas tous à Noël Langlois, même si c’est le cas pour la plupart des Langlois.
Un vieil article très intéressant de Léon Roy intitulé ‘’Nos familles Langlois et Langlais’’ et datant de février 1947 – encore faut-il le trouver – décrit très bien les traces des Langlois au tout début de la colonie. Comme je l’ai déniché aux archives nationales et qu’il n’est pas facilement accessible, je me permets d’en citer quelques courts extraits qui mettent en contexte le sujet de cet article :
‘’Les Langlois ne sont pas de nouveaux-venus au Canada. Au nombre des cinq premiers couples européens qui vivent à Québec pour s’y établir, entre 1617 et 1619, se trouvaient déjà deux femmes du nom de Langlois. La mère des trois premiers Canadiens, c’est-à-dire des trois premiers enfants nés au pays de parents français, était une Langlois.’’

Blason de la famille Langlois – Source: Association des Langlois d’Amérique
On parle ici des premiers signes de Langlois avant même l’arrivée de notre ancêtre Nicolas Langlois environ cinquante ans plus tard et même une vingtaine d’années avant l’arrivée de Noël Langlois dont la majorité des Langlois d’aujourd’hui le revendiquent comme leur premier ancêtre.
Mais comme on le sait, la généalogie a un biais un peu ‘’sexiste’’ car seulement les hommes sont considérés pour établir une descendance généalogique. C’est certainement injuste mais c’est ainsi puisqu’il fallait bien une convention de départ. Suivre les patronymes ou noms de famille paternels était probablement plus simple pour s’y retrouver.
D’ailleurs, question de s’amuser un peu, je ferai cet exercice beaucoup plus tard dans le livre pour établir ce que serait notre ‘’route généalogique’’ chez les Langlois si on avait adopté comme société une généalogie ascendante dite maternelle (ou utérine) où seul l’utérus d’une femme compte. Ce qui serait logique aussi. Non? Ce ne serait pas plus normal d’utiliser la descendance vraiment directe d’une personne – en fonction du lien d’un utérus à l’autre ? Je présenterai probablement dans quelques mois sur ce site ce que ça donne, d’autant plus que maintenant on sait que notre lignée familiale des Langlois s’est éteinte avec mon grand-père Georges qui n’a engendré ‘’que’’ sept filles. Il n’y aura donc plus de garçons pour perpétuer le nom des Langlois selon la généalogie dite paternelle même s’il existe encore plusieurs de ces filles Langlois toujours bien vivantes, assez pour reconnaître que rien n’est encore éteint au niveau du sang et de la racine familiale. Une série d’environ une dizaine d’articles à garder en tête pour plus tard concernant l’ascendance matrilinéaire de ma grand-mère Gertrude Paul.
Je ne me rappelle plus vraiment où j’ai déniché cette information au cours de mes recherches des derniers mois, mais une étude québécoise récente a établi que si notre société avait adopté une généalogie dite maternelle où le nom de la mère prime plutôt que celui du père, le patronyme le plus courant de nos jours ne serait pas Tremblay ou Gagnon… mais Langlois. Cela en dit probablement assez pour conclure que ces ‘’filles Langlois’’ ont trop souvent donné leur place dans le choix du nom des enfants pour utiliser celui du père. Ma mère me dit d’ailleurs que la souche éteinte des Langlois chez son père Georges n’est pas unique. Tous ses frères et sœurs de cette génération auraient été atteints de la même ‘’malédiction’’. Que des filles et pas de garçons. Une analyse rapide de mon côté m’indique que c’est essentiellement le cas. Malgré le fait que cette génération a engendré 15 enfants, leur progéniture n’est garnie que de filles. Je n’ai pu retracer qu’un seul garçon dans les dernières années de cette génération et qui n’aurait jamais fréquenté la famille. Autant de petites lignées de Langlois qui se sont donc éteintes. Quand même assez exceptionnel !
Retournons à ce même article de 1947 qui nous en apprend davantage sur la présence des Langlois au tout début de la colonie.
‘’Le quatrième mariage célébré au Canada fut celui de Noël Langlois, en 1634, dont la famille est la deuxième, par ordre d’ancienneté au Canada, si on exclut les familles éteintes.’’
Encore une fois, il n’y a de lien de parenté entre notre famille et celle de Noël Langlois. Notre famille est celle de Nicolas Langlois. Je continue :
‘’À cette époque, la colonie comptait déjà au moins quatre personnes du nom de Langlois, comprenant ce Jean Langlois, capitaine de navire, qui dès 1628, faisait de fréquents voyages entre la France et le Canada. Parmi les séculières, qui accompagnaient les hospitalières de Dieppe, débarquées à Québec, en 1639, se trouvait une pieuse fille, dont la mère était une Langlois. En 1653, on signale aux Trois-Rivières, la désertion d’un nommé Paul-Langlois-dit-Lassurance, matelot, et d’un autre Langlois, prénommé Jean. La grand-mère du premier prêtre canadien était une Langlois, tandis que la mère du deuxième, était aussi une Langlois. Avant le premier grand recensement nominal de tous les habitants de la Nouvelle-France, qui eut lieu au printemps de 1666, on avait déjà compté au Canada une trentaine de personnes du nom de Langlois, dont une bonne partie étaient nées au pays.
D’autres Langlois sont inventoriés avant même l’arrivée de Noël Langlois en 1633 selon le site naviresnouvellefrance.net que j’ai consulté. On mentionne aussi deux femmes. La première est Françoise Langlois qui serait arrivée à Québec dès 1619 avec sa sœur Marguerite et son mari Abraham Martin mais qui est repartie en France en 1629, dix ans plus tard le 24 juillet 1629. Sa sœur Marguerite, quant à elle, est le deuxième cas en question. Arrivée donc en même temps que sa sœur Françoise en 1619, elle arrive avec son mari Pierre Desportes. Elle aussi retournera en France avec sa propre famille et sa sœur en 1629 mais serait revenue trois ans plus tard avec son mari et ses trois enfants – Eustache, Marguerite et Hélène – en 1632, toujours avant l’arrivée de Noël Langlois l’année suivante.
De plus, toujours autour de cette date d’arrivée de Noël Langlois, il y aurait eu une Marie Langlois qui est arrivée à Québec à l’été 1634 avec son mari et ses quatre enfants.
Mais tout ce beau monde qui ne font pas d’enfants au Canada ou qui sont des femmes, ça ne fait pas une généalogie, ni une descendance, et encore moins le début d’une famille-souche.
C’est donc dire qu’au-delà des nombreuses familles souches de Langlois qui ont ‘‘structuré’’ les contours de notre famille au niveau généalogique, le nom des Langlois était quand même un nom courant au tout début de la colonie.
Source de la photo: Québec vers 1650, BAnQ – Bibliothèque et Archives nationales du Québec
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