Selon les rites de l’église catholique. l’histoire retient essentiellement trois choses de votre présence sur terre. Trois »actes » principaux de votre existence. Ils servent en même temps pour les registres civils. Il s’agit de votre baptême, de votre mariage et de votre mort. Si vous n’êtes pas baptisés, si vous ne vous mariez pas, vous allez au moins mourir. Jusqu’à récemment, les paroisses avaient cette responsabilité.
C’est à partir de cette base simple que tous les arbres généalogiques sont souvent construits. Même nos ancêtres du 17e siècle avaient ce même schéma d’actes codifiés.
Depuis 1994, avec la baisse de la pratique religieuse qui se généralise, c’est la Direction de l’état civil qui gère ce domaine au Québec. La société devient moins homogène avec les différentes religions, les unions de fait, la baisse des baptêmes, les changements de genre, les noms composés père-mère, etc. L’État gère désormais l’empreinte sociale que vous laisserez sur cette terre. C’est donc dire que jusqu’à récemment, la source des informations principales en généalogie était relativement simple. Plusieurs disent que cela deviendra de plus en plus difficile de reconstituer des arbres généalogiques d’ici une centaine d’années. En attendant, profitons de ce qui est encore simple, en autant que vous ayez accès à l’information.
Ces actes sont des documents officiels qui traversent les siècles, y compris les erreurs qu’ils contiennent parfois. Une bonne partie de l’architecture de notre passé collectif part de ces trois documents de base.
Pour illustrer ce concept que j’appelle dans le titre de l’article – les 3 actes, j’ai pensé le faire avec mon arrière-grand-père paternel – Wellesse Boulanger – en utilisant ce qu’il a laissé derrière lui dans les registres publics au cours de sa vie qui aura duré 67 ans. Juste son nom peut faire débat encore aujourd’hui. Était-ce Wellesse ou Wallace ou Wellis ou encore une autre épellation ? Personne ne le sait vraiment encore aujourd’hui, même sa fiche que j’ai consulté sur un site généalogique parle de lui comme étant Wellesse-Wallace. À tout le moins, on retiendra ce que sa pierre tombale a retenu au terme de sa vie – Wellesse.
Pour bien le situer, disons que Wellesse (1884-1951) était le père de mon grand-père Omer Boulanger (1908-1959) et le grand-père de mon père Camille, toujours vivant aujourd’hui à presque 92 ans (1931 – ).
Donc, allons voir ce qu’on dit de Wellesse dans les registres de la paroisse Saint-Pierre de La Patrie. Pour mon illustration, j’utiliserai une capture d’écran qui reproduit exactement le registre au moment des faits. Puisqu’il faut un peu d’habitude pour lire ces actes, sans compter le type d’écriture plus ou moins facilement lisible de chaque curé qui vient simplifier ou non l’exercice, je tenterai de reproduire le texte, au mot près. On pourra y voir le type d’informations qu’on y laisse et qui sont fort utiles pour des fins généalogiques, même des siècles plus tard, longtemps après leur mort.
Revoyons donc les moments-clés de sa vie – son baptême en octobre 1884, son mariage avec Rose-Anna Paquet – mon arrière grand-mère – en mai 1907 et finalement sa mort en décembre 1951.
Acte 1 – Baptême en 1884

Entrée B.50 du registre paroissial de 1884 du registre paroissial de La Patrie : »Le trois octobre mil huit cent quatre vingt quatre nous prêtre soussigné avons baptisé Georges Wellis, né l’avant veille, fils légitime de Georges Boulanger, cultivateur, et de Délia Pratte de cette paroisse.. Parrain Georges Guertin, cultivateur, marraine Emma Tardif, son épouse, soussignés avec le père. Le parrain a déclaré ne savoir signer. »
Et ont signé la marraine et le père de l’enfant. On peut voir déjà que ce n’est évident de deviner l’intention des parents quant au prénom. On aurait pensé retrouver au moins Wellesse ou encore Wallace mais nous avons ce qui semble être Wellis. Ce genre de méprise n’est pas rare. Sur le coup, on y allait souvent avec la prononciation et personne ne relevait ce type d’erreur une fois sur papier dans le registre. Je ne sais pas ici le pourquoi du prénom mais il s’agit d’un prénom extrêmement rare. Souvent, il venait du parrain mais de toute évidence, ce n’est pas le cas ici.
Et comme on peut le voir, il arrivait régulièrement à cette époque, pas si lointaine encore, qu’un ou des témoins ne savaient ni lire, ni écrire, ni même signer leur nom. C’était ici le cas pour le parrain.
Acte 2 – Mariage en 1907

On peut voir que l’acte de mariage, qui consacrait l’union de mon arrière-grand-père et de mon arrière-grand-mère le 13 mai 1907 est beaucoup plus long. Entrée M-5 du registre de la paroisse Saint-Pierre de La Patrie. Donc, il s’agit du 5e mariage de l’année 1907 dans cette paroisse.
»Le treize mai, mil neuf cent sept, vu la dispense de deux bans de mariage, accordée par Monseigneur H.O. Chalifoux, vicaire général du diocèse de Sherbrooke en date du dix du présent mois, vu aussi la publication du troisième ban faite au prône de notre messe paroissiale et de celle de Saints-Anges de Ham, entre Wellesse Boulanger, cultivateur, de Saints-Anges de Ham, fils majeur de Georges Boulanger et de Délia Pratte, de Saints-Anges de Ham, d’une part; et Rose-Anna Paquet, de cette paroisse, fille mineure de Stanislas Paquet et de Olive Comtois , de cette paroisse d’autre part. Ne s’étant découvert aucun empêchement, nous, soussigné, curé de cette paroisse, du consentement des parents de la partie mineure, avons reçu leur mutuel consentement de mariage et leur avons donné la bénédiction nuptiale en présence de Georges Morin, oncle de l’épouse, Joseph Lajeunesse, beau-frère des époux et plusieurs parents et amis dont quelques-uns, ainsi que les époux, ont signé avec nous. Lecture faite. »
Et Wellesse semble signer comme Wellas et Rose-Anna signe clairement Paquette, et non Paquet. Soulignons aussi quelques autres éléments. La majorité à l’époque était de 21 ans. Rose-Anna a 19 ans au moment du mariage. Donc, il fallait le consentement de ses parents pour que le mariage ait lieu. Le mariage a eu lieu à La Patrie puisque l’usage à l’époque était de célébrer le mariage dans la paroisse de l’épouse. On semble indiquer aussi que Wellesse est résident de Ham. C’était Ham-Nord selon mon père et il y a une partie de l’histoire de cette famille dans ce village. Ces mouvements de la famille Boulanger entre La Patrie et Ham-Nord feront l’objet d’autres recherches pour le livre.
Acte 3 – Décès le 17 décembre 1951
Malheureusement, la paroisse Saint-Pierre n’a pas encore libéré ses registres pour les années subséquentes à 1940 pour fins généalogiques. Au Québec, il y a une règle plus ou moins formelle – même légale au sens large – de 90 ans avant de rendre ce type de documents public afin de s’assurer que les gens potentiellement impliqués soient tous morts. On ne peut donc pas encore voir le libellé de l’acte de sépulture. Ce type d’acte est généralement assez court. L’acte confirme la date du décès, la date de l’inhumation, l’identité des parents pour enlever toute confusion avec d’autres personnes portant le même nom, l’âge du défunt au moment de sa mort ainsi que le lieu de l’inhumation. Dans ce cas, nous n’apprendrons rien de nouveau concernant mon arrière-grand-père Wellesse.
La photo sous ce paragraphe, qui est aussi celle de la tête de l’article, montre la pierre tombale de la famille dans le cimetière Saint-Pierre de La Patrie. J’ai moi-même pris cette photo il y a quelques mois. Comme on peut le voir, Wellesse et Rose-Anna y reposent de même que de nombreux membres de la famille.



2 réponses à « Wellesse Boulanger en trois actes »
Belle presentation
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J’espère qu’elle est encore belle car j’ai déjà presque tout changer…;)
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